‹ Histoire de la TurquieChapitre 351 sur 360 · LIVRE TRENTE-HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-HUITIÈME

Méhémet-Ali connaissait et entretenait habilement sa popularité en France par renrôlement des Français, débris des armées de Napoléon, et par les faveurs dont il payait leur senice. Ces lieutenants de Napoléon, tombés, lui formaient des instructeurs et des troupes ; le génie arabe se plie admirablement au génie des Français. Une flotte et une armée formidable, un trésor accumulé, une diplomatie habile à flatter et à corrompre, une vogue d'opinion spontanée et soldée dans les journaux français à cette époque, enfin un général intrépide et éprouvé dans Ibrahim-Pacha, son lils, enlevaient au vieux Méhéniet le seul scrupule dont il fût susceptible, le scrupule de ne pas réussir dans ses usurpations.

Toutefois, avec l'astuce grecque qui caractérisait ce fils de TÉpire, il couvrit son invasion soudaine en Syrie d'un prétexte de querelle purement personnelle à vider entre lui et Abdallah, pacha de Saint-Jean d'Acre. Ibrahim, son fils, assiégea Saint- Jean d'Acre, s'empara militairement de Gaza, de Jafla, de Caifa, villes du littoral de la Palestine. Abdallah, enfermé dans Saint- Jean d'Acre, finit, après trois mois de bombardement, par capituler

sur des décombres. Ibrahim l'envoya captif à sou

père.

Osman-Pacha, envoyé par le sultan au secours d'Abdallah, arriva trop lard, n'osa se mesurer avet Ibrahim, se réfugia avec Tarmée ottomane dans les nmrs d'Alep ; les Égypliens uiarchcreut sur Damas, capitale de la Syrie. Le pacha de Damas lui abandonna la ville sainte. Ibrahim, suivant les bords de rOronte, rencontra, à Hems, le pacha d'Alep à la lete (le vingt mille Turcs vaincus d'avance par la terreur du nom d'Ibrahim. La bataille de Ilcms lui soumit Alep. Hussein-Pacha, le lléau des janissaire'*, lui fermait les déiilés du Taurus, portes de» la Caramanie ; Ibrahim remporta la viclcûrc de Heilnn entre Anlioche elAle\andrelle,conlre\iiïiit inilh homnu> de Hussein. LaS\rio entière apparlenail à Ibrahim.

iMéhémel ordonna à son lils de passer le Tauru< et de p(»ursnivre si»s victoires justpi'à ce qu'il eût obtenu du divan les soumissions qu'un conquérant impose aux vaincus. Ueschid-Pacha, accrédité par ses vicloinvs en Albanie et en Grèce, fut nommé grand vizir, et se porta avec soixante mille hommes, dernière, force régulière de l'empire, entre Kulalab et Ic(mium, sur des «ollines (|ui forment le^ défilés intérieurs de raneieimc Ca|>padoce. Harcelé sur les ailes de l'armée d'Ibrahim, et assailli de Iront par

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