LIVRE TRENTE-HUITIÈME
Ibrahim lui-môme, il tomba de cheval en combat- 1 tant pour la vie et non pour la victoire^ et fut relevé ^ couvert de blessures par les Egyptiens- La captivité du grand vizir dispersa l'armée et consterna la capitale. "
Mahmoud, abandonné par la fortune et par ses propres sujets, se tourna de désespoir vers la Russie, et implora la protection de ses ennemis contre \ les rebelles. La flotte russe jeta Tancre, le 20 février 1833, dans le Bosphore et débarqua trente mille russes auxiliaires sur la rive d*Asie- L'empereur de Russie, favorisé par le crime d'un pacha rebelle, par le découragement des Turcs, par l'inaction impolilique de la France et de TAngleterre, était maître de la capitale et de Tcmpire dos sultans. Le comte Orlof, aide de camp et favori de l'empereur Nicolas, pouvait dicter des lois au divan.
La France s'émut enfin, mais trop tard. Son ambassadeur, l'amiral Roussin, offrit sa médiation à Méhémet-Ali. Le pacha, enorgueilli par ses victoires, trouva inacceptables toutes conditions qui ne lui assuraient pas la Syrie, l'Arabie et même la province d'Adana, porte de la Caramanie toujours ouverte à ses invasions futures. Le chargé d'affaires de France, M. de Varennes, diplomate actif et ex-^ vm. 25
:m HISTOIRE DE LA TURQUIE.
lu'i'iiiicnlo, se rcMulii lui-mônie au camp d'Ibrahim poiii' ;i<l()iicir les exij^^enccs du rel)clle. Ibrahim cl son \n'vo, furent inllexiblcs. Le sultan céda la SjTic r\ Adana au pacha (PKîJjyplo, devenu par ce partage de l'(*nipiro i)lus puissant que son maître.
La France^ toujours aveuglée par son ministère, t'xpia la folle popularité dont elle avait encouragé l'ambition de TEgyptien. Une moitié de l'empire lonibail souî^ le protectorat des Russes, l'autre moitié sous h», sabre d'un pacha devenu arbitre unique de TAsie ; la France n'avait plus de contre-poids conln» la Russie en Europe, contre l'Angleterre en Asie. L'inipéritie du cabinet parlementaire des Tuileries livrait la Méditerranée, le Danube, le Prutlu l'Euphrate, Tisthme de Suez, la Grèce, la mer Noire et la nu'r Rouge à nos ennemis pour calesM^r rignorante partialité de la tribune et de la l>resse à Paris.
La politi([ue étrangère du ministère de M. Thier> (levait aller plus loin encore dans cette voie sans i^^^ue: elle menaçait TEurope d'une conflagration uni\"rselle pi)ur >outenir les intérêts anti-français de Taxenturier de la Cavale. In accès de démence .semblait avoir saisi l'opinion tivm|>ée en France. In proliTtorat européen de Tompire ottoman, distri huant les territoires et les mers à protéger par