LIVRE TRENTE-HUITIÈME. 3§t
La Providence avait refusé à Mahmoud un de ces rrands ministres comme les Kiuperli qui inspirant >u qui exécutent les pensées d^un règne, qui portent a responsabilité des revers et qui laissent h leur naître la gloire des succès. Après avoir essayé )eaucoup d'hommes secondaires, il avait fini pap Ure son propre ministre à lui-même. Ses pensées Haient trop lourdes pour d'autres mains. De là pour ui seul le poids de la plainte, du murmure, de la pusillanimité et de la désaffection de son peuple. [1 avait cherché de bonne foi cependant, et d'un XBur disposé à la confiance et à l'amitié, des favoris )U des amis dans ses ministres.
Halet-Efiendi avait été le premier et le plus constant de ses attachements. C'est à ce ministre babilo d'intrigues, féroce de main, que l'égorgé* ment des Grecs à Constantinople et les premières sévérités contre les janissaires sont attribués par les témoins intimes du règne de Mahmoud. Halet faisait des vizirs et s'en servait comme des instruments dociles de sa puissance.
Un de ces instruments, le grand vizir' Deli- Abdallah, se retourna contre la main qui prétendait
l'asservir. Un incendie et une révolte des casernes éclatent dans la nuit à son instigation, il se rend au sérail, etdéclare au sultan que les soldats demandent à grands cris la tête d'Halet. Mahmoud exile avec douleur son ami à Konïali, pour préserver sa vie en accordant sa disgrâce. Halet s^achemine avant le, jour vers le lieu de son exil.
« Marchant à pied, » dit le chef de ses gardes, c( derrière le chariot attelé de bœufs qui portait ses femmes et ses enfants, Halet suivait d'un œil morne les sinuosités de la route de Koniah, prêtant Toreille au pas de chaque cheval entendu derrière lui du côté de Constantinople, et attendant d'heure en heure un messager de son maître qui le rappellerait à sa haute fortune. » Il arriva lentement à Koniah, sans avoir vu au Ire chose que la poussière du chemin et les ornières de son char de bœufs.
« Le pouvoir,» disait-il à ses gardes, «ressemble « au sommet d'un minaret où il n'y a de place que « pour un seul homme : celui qui y est monté comme u moi ne doit y laisser monter personne avec lui, « sous peine d'en être précipité comme moi et brisé « sur le pavé de la disgriice; il doit donc être sans « pitié pour ceux qui cherchent à atteindre sur ses « traces ce faîte culminant ! »
S<in rival Deli - Abdallah suivit ses maximes.