‹ Histoire de la TurquieChapitre 357 sur 360 · LIVRE TRENTE.HUITIÉME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE.HUITIÉME

a moi, seigneur, le temps de faire ma prière, » acheva-t'il en s'adressant au pacha, qui se levait pour se soustraire au spectacle de Texéculion de Tordre de mort qu'il avait donné.

« Pertew étendit un tapis, fit son namaa, et, déf taché de tous les souvenirs de sa puissance et de tous les regrets de la vie, n'aspirant plus qu'à Texisr tence nouvelle qui allait s'ouvrir pour lui, ce fut en vers qu'il exprima sa pieuse exaltation. Le seur timent religieux et Tamour de la poésie, qui avaient' fidèlement accompagné le ministre à travers les corruptions et les occupations du pouvoir, survivant à tout le reste, remplissaient son âme tout entière| dont l'inspiration s'exhala mystérieusement dans U langue allégorique des sophis.

(( Mon cœur, » écrivit-il, « est altéré de l'objet « de ses désirs éternels. La coupe déborde. Hélas ! « hélas ! que ferai-je ? Puisse bientôt se lever l'auii rore sans fin ! Veillerai-je ? Me coucherai-je en « attendant la mort qui va me rejoindre à mes amis « disparus de la terre î La nuit d'angoisse est trop « longue ici-bas I Viens, ô viens, soleil véritable! et « rends un jour plus pur à ces yeux qui vont se « fermer ! »

La nuit était venue, en effet, pendant cesrésir gnations pieuses du ministre poète et mystiquet

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Inquiets de sa longue absence, ses serviteurs allèrent demander si on l'avait vu entrer au sérail. On leur livra son cadavre; ils remportèrent silencieusement à sa demeure. Le lendemain, au lever du jour, des milliers de Turcs accompagnèrent le corps de Pertew-Pacha au champ des morts. La Turquie murmurait de perdre en lui le dernier des Turcs.

Cette mort, ignorée de Mahmoud, fut attribuée, par ceux qui Tordonnèrent, à une mort naturelle et soudaine. Quand Reschid la raconta plus tard au sultan, et lui récita les strophes funèbres du mourant, Mahmoud fondit en larmes et ne se consola jamais de la perte de ce sage, autrefois son ami , aujourd'hui sa victime.

Un troisième favori de Mahmoud, le Circassien Kosrcw-Pacha, qui vient de mourir, âgé d'un siècle, dans l'opulente retraite de son palais presque impérial du Bosphore, occupa, perdit, recouvra pendant trois règnes les plus hautes dignités de l'Etat.

Il était arrivé esclave de Circassie à Conslantinople. Sa bravoure, son intelligence supérieure, sa prudence hardie l'avaient fait traverser impunément ces situations où le sol tremble sous les pas des am-

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