‹ Histoire de la TurquieChapitre 37 sur 360 · LIVRE TRENTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTIÈME

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LHnjustice des reproches d'nn cAté^ la dignité et Pinnocence de Tautre^ rendirent l'entretien si acerbe que le sultan, prenant cette dignité pour de Tinso-' lence, tira son sabre du fourreau pour abattt'e la tête d'Ali.

« Vous pouvez me frapperi vous pouteis disposer « de ma vie, b lui dit fièrement le vieillard ; it depuis fl( longtemps elle vous appartient plus qu'à moi-* fl( même; j'ai fait plus que vous dévouer ma vie^ je ^ me suis voué à la haine de vos ennemis et de vos « sujets pour vous servir. Punissez^moi, si voue t l'osez, et apprenez ainsi à mes successeurs cd ic qu'on gagne à se sacrifier à non maître, i

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Soit remords de l'acte qu'il allait commettre, soit appréhension du mécontentement des armées, dont le vieux soldat possédait l'estime et la confiance^ Achmet jela son sabre loin de lui et se borna à exiler le grand vizir dans l'île délicieuse de Lesbôs.

Le quatrième Kiuperli, petit-fils du conquérant de Candie^ encore dans la fleur de l'âge, tnftis déjà

mûr pour la politique par celte aptitude héréditaire de sa famille, fut élevé, pour frayer la route au silihdar et pour complaire à la sultane mère, à la première dignité de l'État. Séduit d'avance par l'habile Poniatowski, admirateur de l'héroïsme de Charles XII, convaincu que les Russes fomentaient de faux prétextes de religion comme des intelligences parmi les populations grecques de la Morée et de la Macédoine, qu'ils avaient des émissaires parmi les Monténégrins et des foyers de propagande politique jusque dans les couvents du mont Âthos, cette Thébaïdefortifiéedes moines grecs; saisi,enfin, d'une sinistre prévision à l'aspect d'une médaille frappée par l'ordre des Russes en Hollande et répandue dans la Grèce, médaille qui portait pour inscription : Pierre I", empereur des Russes et des Grecs, Achmet III n'hésitait pas plus que son jeune vizir à prévenir par une guerre ouverte la guerre sourde que les Russes couvraient encore du masque des négociations.

Une escadre russe, sortie de l'embouchure du Dniester, déploya tout à coup son pavillon sur la mer Noire, ce lac ottoman, et franchissant inopinément les batteries d'Europe et d'Asie qui ferment le Rosphore, vint jeter l'ancre en face du sérail, sous les fenêtres, sous le canon des jardins d'Achmet.

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