‹ Histoire de la TurquieChapitre 40 sur 360 · LIVRE TRENTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTIÈME

agréable aux troupes par sa figure , son intelligence, son courage précoce ; porté seul au trône, à dix-sept ans, par une sédition de palais qui jeta Sophie dans une prison perpétuelle au Kremlin ; marié, selon le rite des czars, à celle des jeunes filles de sa noblesse, qu'ils choisissaient à la beauté dans une revue de vierges nobles ; persécuteur de cette première épouse Eudoxie , livré à tous les vices de la barbarie, Tivresse, la débauche, la férocité, mais doué d'un génie qui fermentait en lui sous ces vices, Pierre, justement appelé le Grand, avait résolu de faire d'une horde immense un peuple.

Le peuple russe, semblable en tout à son fonda^ leur, était digne d'inspirer à son czar cette pensée. Cette race slave, dont l'origine se perd dans sa route de la Tartarie vers la Baltique, de la Baltique vers laMoscovie, de la Moscovie vers l'Orient, comme pour retrouver son soleil natal; barbare au fond, policée à la surface , grecque de génie , superstitieuse de culte, cosmopolite de mœurs, guerrière de courage, immense de nombre, esclave dans ses déserts, disciplinée dans ses camps, séditieuse dans ses cours , paraissait rassembler en elle toutes les corruptions des races vieillies et toutes les vertus des races primitives. Avec un tel peuple pour instrument, on pouvait , en deux siècles , égaler toute

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