VII
la civilisation de l'Europe , par ses hommes d'État et son aristocratie , ou la submerger d'un déluge de barbares disciplinés par ses serfs.
Le sort du monde occidental ou du monde oriental dépendait du courant vers l'Occident ou vers l'Orient, que le génie de Pien'e le Grand allait imprimer à cette grande race. Charles XII , en le provoquant au Nord , décida sa route vers la Baltique. La colère et la vanité portèrent le fondateur de la Russie à s'étendre en Finlande, à s'asseoir dans une capitale précaire , sur la mer d'Europe, et à rivaliser de mœurs, de politique, de marine et d'armée, avec ces puissances occidentales dont le contact flattait son orgueil de parvenu à la civilisation.
Ce fut la faute de Pierre le Grand, le malheur de rOccident, et vraisemblablement aussi, le malheur des Russes. Leur courant naturel contrarié les porta sur l'Occident, capable de les refouler pendant des siècles; il les emprisonna dans leurs déserts glacés , au lieu de leur laisser suivre la pente des climats et des choses qui les rappelaient avec moins d'obstacle et plus d'analogie sur l'Orient.
Mais après avoir jugé la grande faute de Pierre le (irand,revenonsau récit doses premières années,