‹ Histoire de la TurquieChapitre 43 sur 360 · LIVRE TRENTIÈME. U · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTIÈME. U

sort tomba furent arquebuses sur le champ, et les autres amenés prisonniers à Moscou, où ils entraient par une porte dans le temps que le czar, d'un autre côté, y arrivait des pays étrangers.

a Ce prince trouva que l'exécution militaire faite par le général Gordon était un châtiment trop peu proportionné aux forfaits présents et passés des Stre* litz. Il voulut que leur procès fût instruit dans les formes usitées pour les voleurs et les assassins, et qu'ils fussent punis comme tels. Et en effet, après les avoir tirés des différentes prisons où ils avaient été dispersés et enfermés en* arrivant à Moscou, on lefs assembla, au nombre de sept mille, dans un lieu environné de palissades, où on leur lut la sentence qui condamait.deux mille d'entre eux à être pendus,et les cinq mille autres à être décapités ; ce qui fut exécuté dans un seul jour , ^e la manière suivante :

<i On les faisait sortir dix par dix de l'enceinte palissadée dont on vient de parler, dans une plaine où l'on avait dressé un nombre de gibets suffisant pour y pendre deux mille hommes. Ceux-ci y furent attachés par dizaines, en présence du czar, qui les comptait, et de tous les seigneurs de la cour qu'il avait mandés auprès de lui, afin qu'ils fussent témoins de cette exécution, pour laquelle il voulut,

en ouliv, so servir dos soldats de sa garde en guise

(le bourreaux.

« Ai)rès rexécution de ces deux mille Strelitz, ou procéda à relie des cinq mille qui devaient être décapités. Us furent , de même que leurs camarades, tirés dix à dix de Tenceinle où ils étaient euieruiés, et de là conduits dans la plaine où, vis-àvis h^ gibets, ou avait dispose des poutrelles en ass(»z j^iaud nouibre pour servir de billots à ces ciu(| uiille coupables. A mesure qu'ils arrivaient, ou les faisait arranger, coucher de leur long et poser par ciu(iuantaines le col sur les billots, après l'on décapitait toute la lile. Le czar ne se contenta pas de se servir pour cette exécution des seuls soldats de sa garde. Armé lui-même d'une hache, il commença par couper de sa propre main la tète d'une centaine de ces malheureux; après quoi, ayant fait distribuer des haches à tous les princes, seigneurs (ît ofliciers de sa suite, il leur ordonna de suivre son exemple.

« Nul de ces seigneurs, parmi lesquels étaient le grand amiral Apraxin, le grand-chancelier, le prince Mentschikoiï, Dolgorouki, etc., ne fut assez osé pour désobéir. Le caractère du czar leur était trop connu pour qu'ils ignorassent qu'en témoignant la moindre répugnance dans celle occasion, il y allait

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