‹ Histoire de la TurquieChapitre 44 sur 360 · LIVRE TRENTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTIÈME

de leur vie, et qu'il les aurait impitoyablement confondus avec les rebelles.

a Ces milliers de têtes furent transportées en ville, dans des tombereaux, et fichées sur des pieux de fer scellés dans les créneaux des murailles de Moscou, où elles restèrent exposées pendant toute la durée du règne de ce prince*

a Quant aux chefs de ces Slrelitz, ils furent pendus aux murailles de la ville, en face et à la hauteur de la fenêtre grillée par où la princesse Sophie recevait le jour dans sa prison, spectacle qu'elle ne cessa d'avoir sous les yeux pendant les cinq ou six années qu'elle survécut à ces malheureux.

a II ne me reste plus qu'à rendre compte du sort de ceux qui, ayant pris la fuite après leur défaite par le général Gordon, s'étaient dispersés dans différentes directions. Il fut défendu, sous peine de mort, dans toute l'empire russe , non-seulement de leur donner asile dans les maisons, mais même de leur fournir le moindre aliment, pas même de l'eau, ce qui donne à croire qu'ils périrent tous misérablement,

c< Les femmes et' les enfants de cesStrelitz furent transportés dans des lieux déserts et incultes, où on leur assigna pour retraite une étendue de terrain

limitée, avec défense à eux et à leurs descendants d'en jamais sortir.

« On érigea sur tous les grands chemins des pyramides de pierre sur lesquelles on grava la relation de leurs crimes ainsi que leur arrêt de mort, afin de transmettre à la postérité le souvenir de leurs odieux attentats et de la fin terrible qui en fut le châtiment. »

Cette boucherie retrempa Tautorité dePien^e dans le sang. Il enferma sa sœur coupable dans une prison perpétuelle et régna seul sur le vaste empire affermi avant l'âge sur les ruines de l'usurpation et de la sédition. Son caractère, qui avait à la fois l'énergie du crime et celle du gouvernement, ne tarda pas à se révéler dans toute sa licence barbare par sa conduite envers sa première épouse et ses enfants.

« L'impératrice Eudoxie Fœdorowna, » dit le confident du prince, « première femme de Pierre le Grand, fut, sans contredit, la plus malheureuse princesse de son temps. L'histoire la plus reculée offre pou d'exemples d'une infortune pareille à la sienne, sa vie n'ayant été, depuis son mariage avec le czar, qu'un tissu d'événements tragiques.

«Elle naquit à Moscou, le 8 juin 1670.. Son

Page 1