‹ Histoire de la TurquieChapitre 46 sur 360 · LIVRE TRENTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTIÈME

« Il n'en est pas moins vrai que celte malheureuse princesse fut contrainte à prendre l'habit et à faire ses vœux, et qu'elle passa plusieurs années oubliée de la cour et de tout le monde. Quant à son mari, livré tout entier à ses passions, il changea continuellement de maîtresses, jusqu'au jour où, séduit par les charmes d'une esclave livonienne que le prince Mentschikoflf lui avait cédée, il se décida non-seulement à l'épouser, mais encore à faire passer la couronne sur la tête de ses enfants, au préjudice du czarowitz légitime, Alexis, fils d'Eu* doxie.

<r La czarine Eudoxie, ayant été convaincue par des lettres de sa main, par des témoins et par sa propre confession, du crime d'adultère avecGleboff, fut enfermée entre quatre murailles dans la forteresse de Schlusselbourg, «près avoir eu la douleur de voir condamner et périr en prison son fils unique Alexis Pelrowilz, et exécuter sur la grande place de Moscou son frère Abraham Lapoukine.

« L'opinion générale est que le czarowitz mourut d'une violente révolution causée par son arrêt de mort et sa grâce, qui lui furent annoncés à quelques heures d'intervalle. Mais ceux qui ont une connaissance exacte de ce qui s'est passé en ce temps-là à la cour de Russie, savent que le czar, après avoir,

pour la forme, accorde sa prâce à son fils, lui envoya un {'hirurgien auquel il ordonna de saigner ce prinre. « Comme la révolution a élé violente, » lui dit-il, <( il faudra pratiquer une abondante saignée, (( rt je t'ordonne de lui ouvrir les quatre veines. » Ce (jui fut ponctuellement exécuté, le czar étant dans la citadelle de Saint-Pétersbourg, où, suivant cr (|ue bien des gens ont prétendu, ce crime aurait été commis devant ses yeux. »

« Quant à Gleboff, il fut aisé de lui prouver ses relations avec la czarine Eudoxie, tant par les dépositions des témoins que par des lettres interceptées qu'elle lui avait écrites. Nonobstant ces preuves accablantes, il persista à nier le fait dont on Taccusait, et il eut la force et la constance de ne rien dire qui fut à la charge et contre l'honneur de cette princesse, qu'il défendit au milieu des différentes tortures qu'on lui appliqua par ordre et en présence du czar.

« Ce prince, après avoir fait subir pendant six semaines conséculives à ce gentilhomme les plus (Turls tourments ([u'on puisse infliger à un criminel dont on veut arracher la confession, poussa en

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