LIVRE TRENTIÈME
vain la cruauté jusqu'à le faire marcher sur des planches semées de pointes de fer, et à le faire ensuite exposer et empaler, aux yeux du public, sur la grande place de Moscou. Le czar, s'étant approché du patient, et l'ayant conjuré, par tout ce que la religion a de plus sacré, de confesser son crime et de songer qu'il allait paraître devant le tribunal
F de Dieu, celui-ci tourna négligemment la tête vers ce prince, et, après l'avoir écouté avec un grand sang-froid, il lui répondit d'un ton de mépris : <c II a faut que tu sois aussi imbécile que tyran pour
, a croire que, n'ayant rien voulu avouer au milieu « des tourments inouïs que tu m'as fait endurer, «j'irais flétrir l'honneur dVne honnête femme « quand je suis sur le point de perdre la vie ! Va, < monstre, » ajouta-t-il en lui crachant au visage, « retire-toi et laisse mourir en paix celui que tu a n'as pu laisser vivre. »
« Eudoxie resta confinée dans sa prison depuis Tannée 1719 jusqu'au mois de mai 1727, et elle n'y eut d'autre compagnie et assistance que celles d'une vieille naine, qu'on avait enfermée avec elle, pour lui préparer à manger et laver son linge , faible secours qui lui fut souvent inutile et môme à charge, en ce qu'elle se trouva plus d'une fois obligée de servir à son tour la naine, lorsque les infir-
9i HISTOIKK DK LA TURQUIE.
initos (l(î cetUï captive rcmpochaient de se servir
('llo-in<>ii!e. »
I.a fomme ([iii succécla dans le cœur de Pierre le (irand à l'impératrice Eiidoxio et îi ses nombreus«»s rivahîs, rappelle, par son romanesque avéncnKMit, la lloxelane des Ottomans.
Nous laissons raconter ici Thonime qui fut le h'uioin le plus intime et le confident de cette destinée.
« Si jamais il y a eu une histoire qui, par la sînpularilé (»t la (piantité d'événements dont elle a été rrniplie, ail mérité d'être transmise à la postérité, c'est, sans contredit, celle de la czarine Catherine, seconde fennne de Plc^rre le Grand, mère de la princesse» Irllisaheth.
« CommiMiçons par son origine et sa naissance, qui ont été parfail(»ment ignorées de tout le monde et d'elle-m(>me, si on veut la croire, pendant presque tout le cours do sa vie et de celle de son mari, nonohstant toutes les recherches et les perquisitions «jue ce prince avait hintilement faites pendant plus de vingt années, sans pouvoir accjuérir le moindre éclaircissement à ce sujet. Ce serait (Mioore aujoup-