LIVRE TRENTIÈME
d'hui un mystère impénétrable pour tout le monde^ si, trois mois avant la mort de Pierre I"", et deux ans" avant celle de cette princesse, une aventure singulière , qui trouvera sa place dans un des chapitres consacrés à Thistoire de la vie de cette femme extraordinaire, n'avait fait découvrir, de manière à n'en pouvoir douter, qu'elle se nommait Skawronsky, qu'elle était née à Derpt en 1686, et qu'elle y avait été baptisée la môme année dans l'église catholique romaine et suivant les rites de cette religion, qui était celle de ses père et mère.
a Ces derniers, paysans fugitifs de Pologne, et qui devaient être sans aucun doute serfs ou esclaves, ainsi que le sont tous les paysans en Pologne, avaient quitté ce pays pour venir s'établir à Derpt, petite ville de la Livonie, où leur indigence les avait obligés h se mettre en service pour gagner leur vie. Ils avaient ainsi subsisté du travail journalier de leurs mains jusqu'au moment où la peste dont la province de Livonie fut affligée les détermina,, dans l'espérance de se dérober aux atteintes du fléau, à se retirer dans les environs de Marienbourg. L'un et l'autre, malgré leurs précautions, moururent en peu de temps de la contagion, laissant à la garde de Dieu deux misérables enfants en bas ûge. L'un de ces deux enfants, qui clait un ;jarçon Agé à peine
\U\ HISTOIUK I)i: LA TURQUIE.
(le ciiHi ans, lui. doiuu' à un [>aysau qui se chai^ea (\c rr*li'vrr; Taulii', qui (Mail uno lillo do trois ans, lui rtMuisi^ entre les mains du curé, autrement dit, pasteur du lieU;, lequel^ étant, aussi décédé peu de liMups après, avec la plus jijrande partie des gens de sa niaisun, laissa cet le miséralde créature, sans avoir <Mi le lenii)s de donner le moindre renseignement ni sui* sa naissance, ni sur la manière dont il Tavait nu'ui'iUie chez lui.
u KIK» se trouvait encore dans celle maison loi'sque M. (lluck, suiu'rintendant ou archi prêtre de la pro\ince, ayant appris la désolation que le fléau a\ail ré[»an(lue dans la ville de Marienbourg, s'y transporla pour procurer à ce troupeau, privé de M)n j)asleui\ lou^ l(*s secours et soulageuuMits spirituels «pii lui étaient néitssaires dans une si grande cahniiilé. llel archiprètre, ayant commencé sa visite \\\\v la maison du délunt curé, y trouva cette pauviv (ulanl qui. en le \o\anl entrer, courut a lui, le siîisil pai" sa nd)e, Tappela son père, el le tourmenta jusqu'à ce(|u'il lui eut l'ait donner à manger.
u Touché de ctunpassitm, ce respectable ecclé-^ sia^liipie deniamla à (jui appartenait cette enfant^ el ne trouvant ihuw la maison persomie qui put le reuM'iuneràce sujet, il tit dans UkiI le >oisiuagedes [^erquisition^ (|ui n'eurent pas plus de ^>uccès. Aucuu