‹ Histoire de la TurquieChapitre 51 sur 360 · LIVRE TRENTIÈME. 40i · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTIÈME. 40i

de rarmée russe, à la place du feld^maréchal Schérémétof, qui eut ordre d'aller rejoindre le czar en Pologne. La nécessité, de faire diligence obligea Schérémétof de laisser en Livonie tous ceux de ses domestiques dont il pouvait se passer. De ce nombre était Catherine. Mentschikoff l'avait aperçue plus d'une fois.dans la maison du feld-maréchal et l'avait trouvée fort à son gré. Il proposa au maréchal de la lui céder. Le feld-maréchal y consentit; et voilà de quelle manière elle passa au service du prince Mentschikoff.

a Mentschikoff était plus jeune et moins sérieux. Elle joignit un peu de goût à la soumission qu'elle lui devait, et sut tellement bien captiver son esprit, que peu de jours après son entrée dans la maison, on nereconnaissaitplus lequel des deux était l'esclave ou le maître.

« Les choses en étaient dans ces termes, lorsque le czar partit en poste de Pétersbourg (qui se nom* mait alors Neuhaus), pour se rendre en Pologne. Arrivé en Livonie, il descendit chez son favori Mentschikoff. Ayant remarqué Catherine au nombre des esclaves qui servaient à table, il s'informa d'où elle était, et comment il en avait fait l'acquisition. Après s'être entretenu fort confidentiellement à ce sujet avec son favori, qui ne lui répondit que par

un signe de lête, il regarda beaucoup Catherine, la questionna, lui trouva de Tesprit, renlcva à MentschikofTpendantson séjourdans sa maison, et donna pour toute marque de libéralité, en la quittant, un ducal d'or d'une valeur de dix francs à la belle esclave. »

Après le départ de Pierre, elle reprocha vivement à Mentscbikcff de l'avoir livrée aux regards du czar. Ces reproches augmentèrent Tamour de ce favori pour son esclave. Pierre revint de Pologne après la campagne en Livonie. Il enleva alors ouvertement Catherine à son maître, et l'obligea même à lui faire de riches présents en vêtements et en pierreries, pour la rendre digne de sa faveur.

A l'aspect de ces parures et de ces bijoux étalés devant elle par le czar : « Est-ce un présent de mon « ancien ou de mon nouveau maître? » dit^Ue au czar.

« C'est Mentschikoff qui te les envoie, » répondit Pierre.

a En ce cas, » répliqua la jeune fille, a il faut <c convenir que Mentschikoff congédie magnifique- « ment ses esclaves ; mais je ne veux pas de ses

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