‹ Histoire de la TurquieChapitre 55 sur 360 · LIVRE TRENTIÈME. iOîl · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTIÈME. iOîl

dressée sur un mamelon qui dominait le fleuve, à un coude où le Prulh se rapprochait le plus des Russes, ne laissait pas même à Pierre le Grand l'espoir de lasser les Turcs, en s'abritant dans ses circonvallations. Les boulets, au premier ordre de Mohammed Baltadji , pouvaient écraser les tentes du czar. Toute retraite lui était fermée par les spahis et les Târlares, qui entouraient derrière lui la forêt imprudemment traversée par sou armée. On peut dire que cent mille Russes et leur czar étaient prisonniers avant d'avoir combattu. Charles XII, accouru de Bender au camp des Ottomans, jouissait d'avance de Thumiliation de la captivité de son ennemi. Pullawa était vengé par Baltadji. Ce fut le moment où Tamour et le génie de Catherine méritèrent la couronne que Pierre n'osait encore placer sur sa tète.

Nous reprenons le récit du témoin de ces anjxoisses du czar et du miracle de Catherine.

«11 n'y avait depuis trois jours,» dit-il, «ni pain ni aucunes autres provisions de vivres dans l'armée. La consternation y régnait, au point que les soldats, couchés sur leurs armes, n'avaient plus la force de se lever. Le czar, se croyant perdu sans ressource, et ne pouvant même attendre son salut d'une action désespérée, s'était retiré dans sa tente.

l\0 HISTOIRE DE LA TURQUIE,

où, (uiil'us, (Ircoïiraixr, .•ucaMé. de douleur, il se liMiul à sou îd)nlU'uieul, suis vouloir elre vu ni parler à [lersouuu.

aCallioriuCj qui ra\ait accouipaguéàcettccxpéditiou, entra résolùuieut dans sa tente, malgré la consif^ne ([u'il avait donnée de n'y recevoir qui que (M» fùl, et, après lui avoir l'ail comprendre de quelle conséqueuce il élait (ju'il montrai plus de fermelé, elkî lui dit qu'il n^slait un expédient à tenter avant de se livrer enlièreuient au désespoir. Elle lui démonlra qu'il iallail conclure une paix la moins désa\antageuse que Ton pourrait, en corrompant, à l'orcc; de présents, le cainuikani et le grand vizir; (die assura iprelle ré[»ondait du caractère de ces deux ministres oltuiuaus, d'après les peintures qu'en a\ait Tailes le coiuIcî Ttdsloy, dans quantité de Nés dépéclM.'> qu'elle a\ait entendu lire; elle uidiqna un lionuue dans Tarméci qui conduirait parlailement cette adaire, ajoutant qu'il fallait , sans perdre un nioinrui, Ki dépêcher au caïmakain. afin de le soutier touchant ses dispositions serré les.

« Rllo sortit de la («Mile, sans laisser au czar le lempsde respirer <•! de l'époiulr.*. ri elle y rentra un instant après avr'c le soldat *mi question, auquel elle donna elle-même ses instructions, eu présence

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