‹ Histoire de la TurquieChapitre 58 sur 360 · LIVRE TRENTIÈME. il · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTIÈME. il

Le^ Turcs^ épuisés^ depuis deux règnes, d'hommes et d'argent, par leur longue guerre avec Sobieski et le prince Eugène, venaient de perdre à Vienne, à Lippa, à Zenta, trois armées. Menacés en Dalmatie et en Hongrie, attaqués jusque dans Belgrade, ils avaient le plus pressant intérêt à s'affranchir , en Bessarabie, des hostilités qui les empêcheraient de surveiller l'Adriatique et le Danube ; la perte d'une quatrième armée pouvait découvrir même Ândrinople. Ils étaient momentanément les protecteurs de Charles XII, vaincu et réfugié sur leur territoire; mais, au fond, lecaractère ambitieux et remuant de ce héros enchaîné leur inspirait, avec raison alors, plus d'inquiétude qu'un czar des Moscovites, nation encore dans l'ombre et dans l'enfance.

Charles XII, à la tète de ses vaillants Suédois, et entraînant à sa suite les belliqueux Polonais, leur paraissait un voisin plus redoutable que Pierre Romanof à la tète de barbares paraissant et disparaissant sur la frontière de leurs forêts. Une paix solide, conclue avec le chef de cette horde, semblait leur garantir, dans les Russes, un contre-poids utile à la turbulence des Polonais, au vagabondage des Cosaques du Don, à la prépondérance de l'Autriche. Les conditions absolues de cette paix ou plutôt de cette capitulation imposée aux Russes garantis-

116 HlSTOlRk bE La tuflQUIE.

sàlëiit àu^si IHtitioIâbilité Aé là inëi* Ktitfê, et flattaient assez l'or^ièil ôltttihàn jkliir ëttlévër âii vîzir tout prétexte de jouer inutilement la plii§ bëUë et la dérniëre artiiêë de Tëmpit^ë daiis iitiè bataillé ÔQ le désëspdir pouvait chàiiger ébcôre tàdi de siiëcês; en revers.

Ce furent là les véritables et justes idspii^tioiiS dugraiid vizir. Charles Xlt, l'ambassadeur poloiiais, Ponialowskî, et le khan desTartares,Dewlet-(jlieraï, s'y opposèrent en vain dans des intérêts tout personnels à eux-mêmes ou à leur natiob. Mohammed- Bal tadji la dicta aussi humiliante et aussi absolue qu'il aurait pu le faire après une victoire complète. Il exigea du czar la restitution d'Azof, la démolition de Kamienska, de Samara, de Tighan, forteresses dont les canons étaient livres à la t^orte ; la renonciation de toute immixtion dans les peuplades des Cosaques; l'éloignement perpétuel de Clonstanti-» nopie de tout ambassadeur russe^ dont les intrigues fatiguaient le divan ; la liberté pour le roi de Suède, Charles XÎI, de retourner dans ses Étals et d^y négocier une paix séparée avec le czar ; enlîn, la libre retraite de l'armée russe sans être inquiétée parles Ottomans, à condition qu'ils laisseraient dans les mains du grand vizir deux négociateurs du traité et le maréchal Schérémétof, le premier des lieutenants

du czar. Tel fut le traité du Pruth, véritables Fourches ^Caudines de la Russiie, §pus lesquelles la vigueur et la sagesse du fendeur de bois firent passer, sans cpipbat, }p§ epu^ qH^f antp iiajjlp hpiltimp? 4^ P^-

Çbarlps XJI, pptrant d^ns \f\ tpojp dq gf3ii4 Vfajip a}| papment pj^ le tajpbpur dps I^u§§es pf Ipurs Aï:^i. Vnn #p}Qyé? ^ppppgaien^ la rptrajjp jfflppqjfi 48 ses ennemis, s'indigna contre Baltadji ; ^ I^'^ijr^j^

« tu p^^ à% ? \^} 4}fri}, f^ epîRipftpr ip (5?aF Pf ptjf ^ « Çppstantinogle?

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A cet^e f épliqifp, dans If^qijelle Gliarjps XJI pqmppf, ^vQp raispp une allu§jpii 4ériçQJf e à la 4éîflfipcq q^i l'avait faj^ abandonnpr l|:}i-inême se^ ]5t^tp, ^q jette tpîit botté sur le divan ; U en^fi^rr^ççp TplfiiLtairemept sps éperons Mn^ la pelisse ^\^ vjzir, )§ 4échire po lambe^px, se rpjève, moptp ^ pjiev^j e| galope ^vpc fureur jpsqp'^ fipll4^r. f^'imp^^^iJ)}^ fendeur de bpU pardonpa ^v^ pialfiepf et ^ j^ 4^ cep^iop cette insulte, et, ^e levant ^^u^auppp ppprpchp du divijp, ^lla faire sp§ prières et $es ablutjops devant s^^ptp. Il sfyai), assez de glpirp pppf négligée un affrppt.

Mais avant de suivre le vizir dans son entrée triomphaleàConstantinople, anticipons nn moment snr les événements, et suivons le csar dans son retour humilié à Moscou, et la czarine dans sa fortune croissante.

Le même document secret qui nous a ouvert les mystères de la cour du czar Pierre, au conmiencement de sa vie, nous les révèle jusqu'à sa mort. On ne peut détacher sa pensée de ce Mithridate des Ottomans.

« On peut juger, » dit l'annaliste intime, < de Timpression que la conduite de Catherine produisit sur Tesprit et le cœur des soldats. On n'entendait que le bruit des éloges dus à ses mérites et à ses services. Le czar, de plus en plus enchanté de ses grandes qualités, ne pouvait s'en taire ; il lui rendait publiquement la justice qu'il lui devait ; et lorsqu'il fut arrivé dans ses États, il la récompensa en déclarant son mariage avec elle, malgré les efforts vrais ou simulés qu'elle fit pour l'en détourner. Bien plus, afin de laisser à la postérité un monument de la gloire qu'elle s'était acquise sur les bords du Pruth, il établit en son honneur l'ordre de Sainte-

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