LIVRE TRENTIÈME. m
rine d'avoir prévenu les desseins de son mari en le faisant empoisonner. Jamais supposition, quoique vraisemblable, ne fut plus fausse. Ce prince est mort d'une inflammation qu'il avait depuis longtemps, par suite de ses débauches. »
Catherine, bien que sans titre à l'empire, lui succéda comme impératrice, par la faveur de la nation et par la complicité de son ancien maître, Mentschikofl*, devenu maréchal de l'empire. Elle éprouva ou affecta une grande douleur dans son deuil. L'abondance de ses larmes étonnait les Russes, Elle était, du reste, une des plus belles pleureuses qu'on put voir ou imaginer.
Elle aima le comte Sapieha, jeune seigneur polonais très-beau. Elle lui fit épouser sa nièce, fille de son frère retrouvé, pour avoir un prétexte de retenir constamment ce jeune homme auprès d'elle. Elle mourut de langueur, après deux ans de règne, laissan t encore les rênes d u gouvernement à Men Ischikofl*, qui conspirait sccrcLement pour rendre l'empire au grand-duc de Moscovie, fils légitime de l'impéra- Irice Eudoxie, première femme de Pierre le Grand.
L'histoire de ce favori, devenu deux fois l'arbitre