LIVRE TRENTE ET UNIÈME. i
mariage de Pesclave livonienne, prix ridicule de k corruption dont on l'accusait, et rançon puérile d'un czar et de son armée ; l'insignifiance de ces dépouilles attestait plutôt son innocence. Les envoyés des Cosaques du Don vinrent déposer sur sa tombe leur soumission à la Porte, condition du Iraité du Pruth.
Yousouf, qui partageait avec Baltadji-Mohammed la conviction de l'opportunité et des avantages de ce traité pour Tempire, fut renversé par l'opinion publique et par le favori, impatients de renouveler les hostilités contre la Russie. Un esclave affranchi, Tabaze Soùleïman, vendu au favori, fut chargé de fiitmaire à cette passion de gueire, et marcha pour rejoindre l'armée à Andrinople ; Achmet III luimême suivit l'armée. Mais, voulant attester aux Ottomans qu'il allait combattre' pour la foi et pour la gloire, et non pour la cause d'un roi chrétien, il envoya prier Charles XII, à Bender, de sortir de ses États, et de rentrer en Suède par la Russie, qui, en vertu du traité du Pruth, lui livrait le passage.
Ce prince, humilié de rentrer sans armée et sans vengeance dans son royaume, s'obstina à rester à Bender en bravant les ordres du sultan. Après de longues et vaines négociations pour fléchir la résis-
tance de celui que les Turcs appelaient la U fer y le pacha de Bcnder reçut ordre d'user dt Icnce, et de l'envoyer non plus hôte, maisprisoi à Démotica, l'exil des rois. Charles XII, en seulement de trois cents Suédois, dont il d6v( vie à son orgueil ou à sa démence, se dél moins en héros qu'en insensé contre six Turcs et vingt mille Tartareç du pacha de Be qui l'admiraient en le combattant. Réfugié avec trois de ses généraux et quelques servi dans une maison crénelée et barricadée, il la s'écrouler à moitié sur sa tête sous les boule l'artillerie ottomane, et embarrassé dans une par ses éperons, il tomba dans les mains des saires. Garrotté et conduit au château de la P dc-Fcr^ près d'Andrinople, on le transféra d Démotika.
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L'opinion publique ne tarda pas à s'élever cette violation de l'hospitalilé envers un | dont la bravoure illustrait, aux yeux des Ottoi la folie. « Respectez votre liôte, même s'il es (lèle, » dit le Coran. Le grand vizir, le kliaj Tartares, le muphti, le pacha de Bender, c