‹ Histoire de la TurquieChapitre 79 sur 360 · LIVRE TRENTE ET UNIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE ET UNIÈME

leurs de cet attentat envers la majesté de Texil et du trône, furent sacrifiés à l'indignation des musulmans.

Le khodja Ibrahim, capitan-pacha, céda le commandement de la flotte à Souleïman et prit sa place au divan. Impatient du rôle servile que les vizirs, ses prédécesseurs, accomplissaient sous le kislaraga, il conspira l'assassinat de ce favori avec le khan de Crimée et le reïs-effendi. Un coup de poignard porté par un esclave dans une fête devait délivrer l'empire de ce jeune ambitieux. Informé par une indiscrétion du complot contre sa vie, le favori prévint le vizir, s'abstint de paraître à \jk fête où il était convié, et obtint sans effort d'Achmet Tordre d'étrangler son rival. Cet attentat ourdi contre son favori ne servit qu'à hâter l'avènement du kislaraga au rang si longtemps convoité par lui de grand vizir.

Ibrahim commença son administration par la

délivrance de Charles XII de sa prison de Démotika.

Le prince, reconduit avec honneur dans son royaume

^ par une escorte de six cents cavaliers tschaouschs,

• reçut en présents une tente brodée d'or, un sabre

m HISTOIRE DE LA TURQUIE,

enrichi de pierres précieuses^ el huit chevaux ara^ bes portant suspendus à des colliers de perles leurs titres de noblesse dans leur généalogie.

Des conférences ouvertes avec la Russie prévin* rent et ratifièrent une seconde fois, à Andrinople, les ])rincipales clauses du traité du Pnith. Des troubles apaisés en Ég)'pte, en Syrie, en Arabie, rappe* lèrent rattcntiond'Achmet sur ses États d'Asie. EoCn le pillage en mer, par les Vénitiens, des vaisseaux qui portaient rhéritage d^Hassan-Pacha à la sultane Kadidjé, sa veuve, décida la déclaration de guerre à Venise. La Morée en devint le théâtre.

Acbmet 111 lui-même s'avança, avec le grand vizir, devenu son gendre^ jusqu'à Thèbes. Le château de Morée , imprenable depuis tant d^anqéeâ aux Kiuperli, aux Mczzomorto ^ tomba devant Achmet. L'isthme- de Gorinthe, franchi par soixante mille Ottomans, livra la ville aux janissaires. Le provédileur vénitien, Minolo, fut vendu lui-même comme esclave, et délivré par la femme du consul (b; Hollande à Smyrne. Les (îrecs du continent et des îles, las du joug de Venise, secondèrent les Turcs par leui»s insurrections contre les Latins. Napoli de Romanie, avec sa citadelle au fond d^un golfe profond et à l'entrée de la riche plaine d'Ar- , gos, fut livrée par des traîtres aux cent vinfçt mille

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