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LIVRE TRENTE ET UNIÈME. i9i

Oummetoullahy et le gouverneur de Négrepont, le silihdar Ibrahim^ celle de la princesse Aïsché, cellelà même qui avait été fiancée à Kiuperli-zadé Noouman-Pacha, et qui par sa mort avait recouvré sa liberté ; toutes deux étaient filles de Mustapha II. Le sultan, en choisissant pour inspecteur de la fête Tinspecteur des cuisines impériales, Khalil, lui ordonna de faire confectionner en même temps quatre grandes palmes nuptiales pour les quatre princes ses fils, et quarante autres plus petites avec un jardin en sucre. Les palmes des princes, symbole d'une union fertile, avaient treize aunes de hauteur, et étaient divisées en cinq étages ; le jardin en sucre, long de six aunes sur quatre de large, signifiait, dans le langage allégorique de TOrient, que les douceurs du mariage ne s'obtiennent qu'au prix de quelques douleurs physiques essuyées le jour des noces.

« De grandes vergues et de larges voiles furent transportées de Taisenal au sérail, pour être employées à la construction d'une tente monstrueuse, sous laquelle se fabriquaient les palmes de noces ; dix autres tentes plus petites étaient occupées par des menuisiers, des serruriers, des peintres, des relieurs et des confiseurs chargés de la confection du jardin eu sucre. Khalil reçut ordre de se procurer

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pour le festin dix mille assiettes en bois, sept mille neuf cents poulets à prendre dans les juridictions européennes de Rodosto, d^Amedjik et de Scliehrkd'ïyi, et dans les juridictions asiatiques de Go'ledjik, de lenidjé, de Tarakli cl.de Gulbazari, situées dans le sandjak de Khoudawendkiar ; mille ([ualre c(;nt cinquante dindons, trois mille poular- (hîs, deux milltî pigeons, mille canards ; cent tasses^ delà forme de celles qu'on a coutume d'offrir, remplies de sucreries, le jour anniversaire de la naissance du propIiMe ; quinze mille lampes destinées à rilkiniination du lieu où devaient s'accomplir les dillérents mariages ; mille lampyres de Mauritanie en forme de demi-lune, et dix mille pots pour servir le sorbet.

«Des commissaires furent envoyés dans plusieurs provinces pour y recruter des cuisiniers^ des confiseui-s, des chanteurs, des danseurs et des sallimbancpies ; cent-vingt porteurs d'eau, munis d'outrés imprégnées d'Imile et couverts de peaux de cuir de Russie, portimt des pantalons de môme cuir, furent cliai'gés de la police de ces fêles ; car, dans cette circonstance, on voulut maintenir l'ordre sans être forcé de recourir aux coups de bAton et de massue. L'inspecteur Kbalil fut en outre chargé de fournir des vêtements neufs pour cinq mille enfants pan-

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