LIVRE TRENTE ET UNIÈME. m
tait la princesse y et du kiaya de Sirké-Othman^ remit à ce dernier^ de la part du sultan, la dot de sa femme, qui s'élevait à vingt mille ducats. Après ce cérémonial, on donna, de la pari des nouveaux mariés, de riches pelisses au premier eunuque, au valet de chambre, aux maîtres du salut et des cérémonies, à récuyer et au référendaire ; puis ilà furent congédiés après avoir été encensés et abreuvés de café et de sorbets.
a Un intervalle de quatre jours fut laissé entre le mariage de Sirké-Othman, et la fête de la circoncision des princes, qui dura seize jours entiers. Chaque jour fut marqué par des spectacles publics, des banquets, des illuminations et des feux d'artifice; chaque jour aussi, plusieurs centaines de jeunes garçons furent circoncis aux frais du sultan. Pendant les quatre jours, qui étaient consacrés à préparer les princes à l'acte solennel de la circoncision, on fit construire, sur la plai e d'Okmeïdan, des autels où l'on sacrifia des brebis; on éleva des mâts de cocagne, des tirs à l'arc et un pavillon d'une grande hauteur, semblable à celui dont on fait suivre le camp impérial, et qu'on nomme le kiosk de la Justice^ parce que, en temps de guerre, les exécutions ont lieu devant ce pavillon. On dressa des tentes pour les cent cinquante chirurgiens de
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l'armée, les chanteurs, les danseurs, les lutteurs, les bateleurs et autres hôtes de môme nature, qui tous furent régalés de café et de sorbets, aspergés d'eau de rose et parfumés d'encens.
« Dès l'aube matinale, le bruit des tambours et des timbales annonça le commencement de nouvelles fêtes, et les porteurs d'outrés se mirent en devoir de balayer et d'arroser la place. Le sultan ne manqua pas un seul jour de se rendre au lieu de la fête, accompagné des princes et suivi de sa garde, les soldats et les peïks du bostaudji-baschi et du khasseki. A sa gauche marchaient ses fils, revêtus de kapanidjas en étoffe d'argent, et portant sur la tête des turbans ronds de l'invention de Sélim (sélimi); les vizirs avec leurs turbans de forme pyramidale (kallawi), les oulémas avec leurs turbans volumineux (ourf), et les kodjagians avec leurs turbans cylindriques (moudjewwézé) , se tenaient quelques pas en arrière. La forme des pelisses d'État avait été réglée avec la même sévérité minutieuse que celle des turbans ; la kapanidja , en étoffe d'or ou d'argent et bordée par devant et par derrière de fourrure de zibeline noire, était portée dans les circonstances extraordinaires par le sultan, les princes, le grand vizir et autres vizirs, comme par exemple, les gendres du sultan*; les pelisses d'État des seigneurs