LIVRE TRENTE ET UNIÈME. i
de la chambre s'appelaient erkiankOrki^ celles à larges manches étaient nommées ferradj ; la pelisse de dessus (oustkûrk) était affectée aux grands dignitaires de TÉtat. L'oustkûrk est distingué des autres vêtements par de fausses manches qui, retombant par-dessus les véritables, ne servent que lors de la cérémonie du baisement; car ceux que leur rang subalterne exclut de Thonneur de baiser la main du Grand-Seigneur ou d'un vizir, ou même la manche qui renferme leur bras, ne peuvent, suivant rétiquette de la cour ottomane, baiser que la fausse manche.
a On avait réglé pareillement les couleurs des draps dont les pelisses devaient être doublées, et, à cet effet, on en avait choisi neuf pour se conformer à un nombre que les Tarlares regardent comme sacré, à savoir : le bleu, le violet, Técarlate, le bleu foncé, le bleu clair, le bleu d'azur, le vert foncé, le vert clair et le vert jaune. Le blanc était la couleur des vêtements du muphti, le vert clair celle des vizirs; l'écarlate, celle des chambellans, exécuteurs obligés des sentences de mort. Les six premiers dignitaires législatifs, les deux grands juges, le chef des émirs, les juges de la Mecque, de Médine et de Constant lnople , et les six premiers fonctionnaires de la Porte, les trois defterdars, le defter-emini, le reïs-
effcndi et le niscliandji portaient des vêtements de drap bleu foncé ; les grands oulémas et les kodjagians avaient des vêtements de couleur violette; ceux dos mouderris , des scheïks et des fonctionnaires subalternes de la chambre étaient de drap bleu clair; les tschaousclis feudataires et les agas des vizirs se reconnaissaient h leurs vêtements bleu azur ; les agas de Tétrier impérial, le maréchal de Tenipire, le miralem (porteur de l'étendard sacré), étaient habillés de vert foncé, d^une nuance semblable à celle qui décore habituellement les porcelaines de Chine; enfin les employés des écuries impériales portaient des vêtements vert de naphte. Quant aux bottes, celles des officiers de la Forte étaient jaunes; les généraux des troupes portaient des bottes rouges, et les oulémas des bottes bleues. La disposition des harnais, des housses et des couvertures de selle fut également réglée pour les jours ordinaires et pour les jours qu'on appelait jours de divan.
a Ainsi les dignitaires de TÉtat et de la cour dans l'empire ottoman étaient distingués par des uniformes roglenientaircs à une époque bien antérieure à celle où les souverains de l'Europe ont réglé le vêtement de leurs fonctionnaires; et si la Russie, en divisant par classes les emplois civils et