‹ Histoire de la TurquieChapitre 95 sur 360 · LIVRE TRENTE ET UNIÈME. i · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE ET UNIÈME. i

militaires, a déterminé le grade correspondant à chaque fonction, l'empire ottoman, depuis le règne de Soliman le législateur, avait vu fixer la position respective des fonctionnaires de premier, de second et de troisième ordre attachés à la Porte, ainsi que celle des oulémas. C'est ainsi que la dignité de grand vizir correspondait à celle de muphti, et les six pre* miers dignitaires de la loi trouvaient des corresponidants dans les six premiers fonctionnaires attachés à la Porte ; les grands moUas correspondaient aux kodjagians, les mouderris et les scheïks aux employés subalternes de la chancellerie et de la chambre, les agasdes troupes aux agas de Tétrier impérial, et les seigneurs de l'État aux seigneurs de la cour* 0 Le premier jour de la fête des princes, les vizirs, après avoir été admis au baise-main du sultan, furent invités à un banquet où chaque vizir de la coupole et chaque gouverneur avait sa table particulière. Tous envoyèrent leurs présents au kislaraga par Tenlremise du grand référendaire; la suite du grand vizir montra son habileté dans le jeu du djérid; les porteurs d'outrés élevèrent sur la place un kiosk construit à leurs frais; on y voyait des automates exécuter des jeux; un centaure se fit surtout remarquer par son adresse aux exercices du corps.

« Le lendemain ( 1 9 septembre ) , des danseurs égyptiens exécutèrent la danse des épées, des bouteilles et des cercles. Le même jour le muphti^ à la tète des grands oulémas, eut Thonneur de disserter, en présence du sultan, sur l'interprétation d'un verset du Coran. Les jeunes garçons qui devaient être circoncis défilèrent, conduits par l'inspecteur de la fête, devant le kiosk de la JuS" ticcy où le sultan était allé se placer; les employés de l'arsenal et les canonniers passèrent sous ses yeux, les premiers en traînant sur des rouleaux plusieurs galères, les seconds en faisant avancer une forteresse artistement construite en bois. Les grands oulémas étaient assis avec les juges d'armée à des tables particulières, servies par les porteurs d'eau et les écuyers du sérail ; les restes du repas furent donnés aux oulémas subalternes,

« Le lendemain (20 septembre), après la prière du vendredi, des danseurs exécutèrent des danses dites de chameaux et de couteaux, et les oulémas furent traités par le grand vizir dans des tentes particulières appelées tscherké (tente de repas), dressées dans le voisinage de la tente militaire (oba) du grand vizir, qui lui-même logeait près de la tente de cérémonie (otak) du sultan.

« Le 21 septembre, des bateleurs et des saltim*

Page 1