‹ Histoire de la TurquieChapitre 96 sur 360 · LIVRE TRENTE ET UNIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE ET UNIÈME

banques arabes étonnèrent le peuple par leur adresse et leur force incroyables. Les scheïks et les prédicateurs des mosquées impériales, après avoir baisé la main du sultan et du grand vizir, furent traités avec magnificence.

« Le jour suivant, Âchmet III se divertit beaucoup des sauts que firent en sa présence des mangeurs d'opium égyptiens, auxquels il fit jeter de Targent; les tours des singes, des ours et des serpents apprivoisés fixèrent également son attention . Deux troupes de danseurs, l'une appelée baghdjevean kouli (esclaves jardiniers), l'autre Édrené kouli (esclaves d'Ândrinople) rivalisèrent dans une danse mimique ; les prédicateurs et les imans des mosquées de la capitale étaient ce jour-là les hôtes du grand vizir. Le sultan, en retournant vers le soir au palais de l'arsenal, que pendant la durée des fêtes il avait choisi pour demeure, fixa au lendemain la marche des divers corps de métiers. Les chefs de ces corps et les anciens offrirent leurs présents par l'entremise du peschkeschdjiaga (maître des présents) et des portiers du sérail, après quoi ils furent invités à un festin dressé sous les tentes du grand vizir. Le même jour Damad-Ibrahim traita à des tables particulières les généraux des six régiments de cavalerie, leurs procureurs, leurs inspecteurs et les tschaouschs.

« Le 24 septembre, on servit aux janissaires deux cents moulons bouillis, trois cents autres rôtis, et quatre cents plats de riz écossé. Au moment où, à un signal donné, les soldats se jetèrent sur cette proie, un grand nombre de pigeons, cachés entre les cornes des moutons, s'envolèrent aux vives acclamations dos assistants. Les taillandiers firent passer sous les yeux du sultan un dragon en fonte qui vomissait du feu, et les canonniers une forteresse en bois défendue par un éléphant ; enfin les ouvriers de l'arsenal passèrent avec une galère, voiles déployées et pavillon au mât. L'état-major des janissaires dîna avec le grand vizir Damad-Ibrahim, pendant que les tschaouschs des cérémonies lançaient des fusées de tous côtés.

« Le jour suivant, huit autres corps de métiers défilèrent devant le sultan; les joueurs de gobelets et les pehliwans, ainsi que les deux troupes de danseurs, satisfirent par leur jeu la curiosité des assistants ; le maréchal de l'empire et le grand chambellan dînèrent avec les chambellans, les tschaouschs et les fourriers de la cour, à des tables dressées pour eux et servies avec profusion; par une faveur spéciale, le grand vizir leur avait permis de déposer leurs grands et lourds turbans d'État (moudjewwezé), et de paraître avec leurs turbans ordinaires.

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