‹ Histoire de la TurquieChapitre 12 sur 69 · AMURAT IV · texte numérisé non relu

AMURAT IV

Cependant, le comte de Césy avait succédé à Sancy, et sous ce ministre, les mauvais procédés de la Porte envers la France recommencèrent. Césy ne put obtenir du divan la déposition d'un patriarche de Constantinople qui avait adopté le calvinisme; il fut obligé d'admettre la république de Venise au partage de la protection des églises de Galata; il ne put empêcher le sultan, à la demande des ambassadeurs d'Angleterre et de Hollande, de fermer les écoles et les imprimeries des jésuites et de chasser ces religieux de Constantinople (1628). Vainement il menaça de se retirer : le vizir lui dit que la vieille amitié de la France et de la Turquie ne pouvait dépendre du châtiment de quelques espions. Et le bannissement des jésuites fut maintenu pendant douze ans. Enfin, Césy, pour favoriser le commerce français, ayant pris à ferme les douanes de Constantinople, en donna la gestion à un Arménien (1629), qui cautionna imprudemment plusieurs marchands de Marseille, et fit banqueroute. Il se trouva responsable de sa dette, qui s'élevait à cent mille francs, et fut poursuivi à ce sujet.

Henri de Gournay, comte de Marcheville, fut alors donné pour successeur à Césy (1631), avec ordre d'arranger ses affaires en faisant payer les dettes qu'il avait contractées « pour le bien du commerce » par tous les marchands de Marseille. Marcheville était un gentilhomme présomptueux, ignorant, spadassin. Comme il arrivait dans l'Archipel , il rencontra la flotte du kapoudanpacha, qui, sans le connaître, lui demanda le salut et le somma de venir à son bord; il répondit en ordonnant à son vaisseau de tirer à boulet sur la capitane turque, criant même à ses matelots de viser l'amiral, qui était sur le pont. Le vaisseau français fut bientôt enveloppé par la flotte ottomane et Marcheville amené tout furieux au kapoudan, auquel il dit son nom, en lui déclarant qu'il aurait sa tête ou que la France ferait la guerre à la Porte. Le Turc ne répondit rien et ne relâcha l'ambassadeur qu'à Constantinople. A la première audience qu'il eut du grand vizir, Marcheville se plaignit des outrages du kapoudan, mais avec lant d'emportement

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