AMURAT
chrétiennes dans les États ottoman&était ainsi conçu : « Que, les Vénitiens en hors, les Génois, Anglois, Portugais, Espagnols, Catalans, Siciliens, Anconitains, Ragusois, et entièrement tous ceux qui ont cheminez soubs le nom et bannière de France, d'ancienneté jusqu'à ce jourd'huy, et en la condition qu'ils ont cheminez, d'ici en avant , ils aient à y cheminer de la même manière. » Amurat, ayant juré « ces pactions pour être honorées et maintenues, sans qu'aucun de ses pachas leur pût donner empeschement , » envoya en France Ali-Bey, premier interprète de la Porte, pour « convier le roy d'assister, en la personne de ses ambassadeurs, à la circoncision de son fils aîné, et se conjouir avec lui de cette cérémonie, avec commandement auxdits ambassadeurs de présenter au roi la confirmation des anciens traités faits entre le Grand-Seigneur et la France. » Cette ambassade fut reçue avec magnificence, et elle donna à Henri III une lettre du sultan où il lui offrait, avec son amitié, « son armée de mer, composée de quatre-vingts galères. » « En effet, dit Germigny dans son rapport, le grand vizir m'assura, de la part de son maître, qu'où Votre Majesté aura besoin de ses forces elle ne doit pas moins s'en promettre que par le passé. Je lui ai fait réciproquement offre des vôtres, mais en termes généraux , pour lui faire goûter et priser la grandeur et puissance de Votre Majesté, h La restriction était nécessaire avec Henri III , qui avait été obligé , faute de marine , d'envoyer ses ambassadeurs à Constantinople sur un vaisseau vénitien.
Malgré toutes ces offres, ces témoignages d'amitié, ces concessions, Germigny apprécia à sa valeur l'alliance et la bienveillance des Turcs ; il ne se laissa pas éblouir par leur puissance ; il prévit la décadence de cet empire , qui n'avait plus de Soliman pour le diriger. « Je recogneus, dit-il, par aucunes conjectures, et depuis par leur manière de procéder, traiter et négocier, la disposition en laquelle le Grand-Seigneur et ses pachas estoient de recueillir et recevoir de toutes parts indifféremment les amitiés et alliances dont ils pourroient être recherchés... en quoy il appert