‹ Histoire de la TurquieChapitre 30 sur 69 · II. 4G · texte numérisé non relu

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Moldavie fussent déclarées indépendantes sous sa protection ; ce fut vers la Russie que les Roumains opprimés tournèrent leurs regards et leurs espérances. La Turquie allait bientôt expier cruellement sa politique cupide et barbare, et l'asservissement des principautés à la tyrannie et à la rapacité des Fanariotes devait être pour elle une cause de ruine, aussi bien que l'abandon de la Pologne et de la Suède.

Mahmoud I er mourut à la fin de 1754, après un règne de vingtquatre ans. Osman III lui succéda.

§ V. — Osman III. — Changement de politique de la France. —

Affaire des lieux saints.

Osman, tiré de la retraite où il végétait à cinquante-neuf ans, apporta sur le trône une incapacité voisine de l'imbécillité. Il n'avait de ses ancêtres que la cruauté et commença par faire périr trois fils d'Achmet III. Le grand vizir Ali-Pacha, accusé d'intelligence avec eux , eut le même sort; en moins de deux ans, huit ministres se succédèrent dans ce poste dangereux et furent successivement déposés ou exécutés par le faible et capricieux monarque. A la fin, un homme habile, Mobammed-Raghib, reçut le sceau de l'empire et le conserva jusqu'à sa mort.

Osman ne régna que trois ans (1754-1757); son règne n'est marqué que par un effroyable incendie qui dévora les deux tiers de Constantinople et fit un grand nombre de victimes. A l'égard de l'Europe, il resta fidèle au système pacifique du sultan Mahmoud. M. de Vergennes, successeur de Desalleurs (1755), ne put rien obtenir du divan. Alors la cour de Versailles, désespérant de tirer la Porte de sa nullité et pressée par les inimitiés de l'Angleterre, fut conduite au grand changement de système politique que signale l'alliance de 1756 entre la France et l'Autriche.

On sait quelle nécessité inspira dans l'origine cette alliance, regardée d'abord comme un chef-d'œuvre , plus tard comme une monstruosité diplomatique. La France, en s'engageant contre

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