‹ Histoire de la TurquieChapitre 32 sur 69 · OSMAN III · texte numérisé non relu

OSMAN III

mulsulmans, et que le sultan confère à ses favoris et aux principaux personnages de sa cour. Malgré les prétentions jalouses des Grecs et des Arméniens, c'est aux religieux catholiques, protégés par la France, qu'a toujours appartenu légalement la garde du saint sépulcre et des lieux saints. Il suffit, pour le prouver, de citer les firmans de la Porte. Voici une sentence rendue en 1564, sur la demande de l'ambassadeur français : * Les clefs des portes dudit endroit (la grotte où est né Jésus-Christ) sont dans les mains des Francs, et passent successivement de l'un à l'autre de ceux d'entre eux qui arrivent à Jérusalem, et ce, tant avant que depuis la prise de cette ville par le sultan Sélim I*r, jusqu'à la présente date, sans avoir passé par d'autres mains que les leurs. Ce sont eux qui ouvrent à ceux des musulmans et des chrétiens qui demeurent ou qui viennent à Jérusalem , et qui désirent visiter ce lieu. On n'a point connaissance qu'ils aient cessé de posséder lesdites clefs, ni que personne les leur ait contestées et les en ait dépossédés ; ils en sont en possession constante et non interrompue depuis les temps les plus reculés jusqu'au jour de la date du présent acte. En conséquence, le juge susdit a confirmé la possession des clefs dudit endroit entre les mains de la nation franque. »

Un firman d'Osman II (1620) s'exprime ainsi : « Les religieux francs , anciens possesseurs exclusifs de la grande église de Bethléem et de l'église du tombeau de la Vierge, ont, de leur plein gré, accordé à chacune des autres communions chrétiennes, des sanctuaires dans l'église supérieure; mais la partie inférieure, l'endroit où est né Jésus-Christ (que sur lui soit le salut !) , est le sanctuaire des religieux francs ; aucune autre nation n'y a aucun droit, et il est défendu à chacune d'elles d'usurper désormais ledit lieu... Nous ordonnons^ qu'on ne permette à aucun individu, Arménien ou autre, de dire la messe dans l'endroit où est né Jésus- Christ, endroit situé au-dessous de l'église de Bethléem, pas plus que dans la coupole que l'on appelle le tombeau de Jésus- Christ, ni dans l'intérieur du tombeau de la sainte Vierge, ni enfin

dans les sanctuaires qui, depuis un temps ancien, appartiennent aux religieux francs. »

Le firman de 1633 est encore plus explicite : « ... Aujourd'hui, les religieux francs viennent Je produire les titres qu'ils ont entre les mains ; nous les avons examinés, et avons reconnu que c'étaient des papiers anciens et authentiques; ils prouvent que tous les lieux ci-dessus mentionnés, ainsi que la possession des trois portes de la grotte de Bethléem, et les clefs de ces portes, appartiennent exclusivement aux religieux francs, depuis la conquête de Jérusalem par le khalife Omar, et qu'à l'époque où Sélim 1er s'empara de ces saints lieux, ce grand nombre d'endroits est resté, comme auparavant, entre les mains des mêmes religieux francs. Nous ordonnons que les Francs aient, comme anciennement, la possession et la jouissance de la grotte située à Bethléem, et connue sous le nom de Crèche de Jésus-Christ, dont les Grecs se sont emparés, ainsi qu'il a été dit, au détriment des religieux francs, par fraude et en produisant de faux titres; qu'ils aient la possession et la jouissance des clefs des trois portes sud, nord et ouest de ladite grotte, et des deux petits jardins qui en dépendent; qu'ils aient encore, et de la même manière qu'ils l'ont eue de tout temps, la jouissance et possession de la pierre de l'onction, située dans l'église du Saint-Sépulcre, les voûtes du Calvaire, les sept arceaux situés au-dessous de Sainte-Marie, les deux coupoles, grande et petite, qui recouvrent le tombeau de Jésus-Christ ; qu'ils aient, en outre, la jouissance et possession, soit à Jérusalem, du tombeau de sainte Marie ou couvent appelé Deir-al- Amoud, avec ses attenances et dépendances, soit dans le village de Nazareth, des églises et monastères, en un mot de tous les lieux dont, jusqu'à présent, ils ont eu la possession non contestée; que désormais ni les Grecs, ni les Arméniens, ni aucune autre nation chrétienne ne les troublent et inquiètent, ou soient cause qu'ils soient troublés et inquiétés...; que toujours, dans lesdits lieux, et principalement sur le Calvaire, les religieux francs

OSMAN m

exercent leur culte à leur gré et comme par le passé ; qu'ils y mettent, comme auparavant, des cierges et des flambeaux, sans que personne les en empêche; que, dans l'exercice de leur culte, le préfet des religieux francs ait, comme par le passé, le pas sur tous les religieux des autres nations, pourvu qu'ils payent le tribut voulu par l'ancien usage (environ 20,000 francs). »

Malgré la teneur de ce firman, un an après, ainsi que nous l'avons dit ailleurs (1), la garde du saint sépulcre était enlevée par les Grecs aux Latins, et tous les efforts que fit la France pour faire cesser cette usurpation échouèrent pendant quarante ans. Enfin, les capitulations de 1673 réparèrent ce dommage, et un article reconnut à la France le droit formel et exclusif de protection sur les lieux saints. Alors les Grecs et autres ennemis de la France eurent recours à des moyens secrets peu compatibles avec l'honneur et la foi des nations chrétiennes. Les agents de la Porte, les gouverneurs de Damas et de Jérusalem, gens avides et corrompus, avaient intérêt à entretenir une mésintelligence qui les enrichissait aux dépens des Grecs et des Latins, et, quand les ambassadeurs de France, d'Autriche et de Venise, émus par les plaintes des catholiques, portaient leurs réclamations au divan, ils tombaient entre les mains d'interprètes, Grecs pour la plupart, intéressés à présenter l'affaire sous le jour le plus favorable à leurs coreligionnaires. En 1676, un bérat du sultan Mahomet accorda aux Grecs les clefs, les tapis et les lampes des sanctuaires de Jérusalem, à la condition de payer, chaque année, une rente de mille piastres pour l'entretien de la mosquée du sultan Achmet; car c'était encore là un moyen de séduction employé parles Grecs. Après avoir persécuté les Latins comme les espions de la France et les fauteurs d'une nouvelle croisade, ils offraient aux fidèles raîas de la Porte, et payant exactement le kharadj, d'ajouter à leurs redevances une subvention au profit de telle ou telle mosquée.

[\) Voir, lomel, page 32i>.

Toutefois, cette spoliation n'avait qu'un caractère transitoire. Les ambassadeurs de France, Guilleragues, Girardin et Chàteauneuf, poursuivirent successivement cette négociation d'un si grand prix pour nos souverains et malheureusement interrompue par les agitations politiques, les guerres extérieures, les révolutions du sérail et la mort de deux des négociateurs, Guilleragues et Girardin. Le 20 avril 1690, sous le règne de Soliman II, un jugement rendu par le divan remit les religieux francs en possession de tout ce qui leur avait été pris depuis 1635 (1). Enfin, sous l'administration du grand vizir Ibrahim-Pacha, le marquis de Bonac, notre ambassadeur à Constantinople, obtint le renouvellement des firmans qui accordaient à la France la protection du saint sépulcre, tandis que, parle traité de 1718, ainsi que nous l'avons vu plus haut, Pierre le Grand stipulait seulement que les Russes auraient le droit de faire des pèlerinages en Palestine, sans 'y être ni rançonnés ni molestés.

Les capitulations de 1740 ayant confirmé solennellement les droits de la France, toute intrigue des Grecs fut interrompue, et la paix sembla sérieusement établie; mais, en 1757, les choses changèrent de face. <r Des pèlerins grecs, dit M. de Marcellus dans ses Souvenirs d'Orient, ayant pillé le couvent catholique de Jaffa, cette escarmouche annonça une attaque générale. En effet, peu de jours après, à Jérusalem, les schismatiques assaillirent les religieux et les catholiques enfermés dans l'église du Saint- Sépulcre, brisèrent leurs lampes, dispersèrent leurs ornements ; puis, armés de procès-verbaux achetés à grands frais, ils se déclarèrent insultés eux-mêmes et se plaignirent au divan de la prétendue irruption des Latins. Enfin, trouvant le grand vizir favorable à leurs vœux, ils levèrent le masque et présentèrent une requête tendante à déposséder entièrement les prêtres francs des saints lieux. La Porte eut l'air de prêter une attention sérieuse à

(I) C. Pamin, p. 228.

cette demande, comme aux instances contradictoires de l'ambassadeur de France (lesquelles ftirent appuyées par celles de toutes les puissances catholiques), et, après des conférences et des examens sans résultat, le grand vizir fit paraître un hatti-chérif qui porta la première et la plus vive atteinte à nos privilèges. Cette ordonnance chassait les Latins de l'église de la Vierge, de la grande église de Bethléem, et mettait sous la garde et la protection spéciales des Grecs le saint sépulcre et plusieurs autres sanctuaires. Les protestations des ambassadeurs français contre cette spoliation, fréquemment renouvelées dans la suite, furent toujours sans succès. Chaque année, depuis cette époque, on a vu la France perdre quelques-unes de ces saintes prérogatives ; et des firmans, arrachés de temps en temps à l'impartialité de quelques sultans, en conférant aux Latins de moindres privilèges, n'ont pu contrebalancer le crédit de leurs opiniâtres adversaires. »

§ VI. — Moustapha III. — Intervention de la Russie en Pologne; ses intrigues dans les provinces grecques de la Turquie.

Pendant la querelle des Latins et des Grecs au sujet des lieux saints, Osman III mourut le 29 octobre 1 757 . Il eut pour successeur son neveu Moustapha IJI.

Le nouveau sultan manifesta, dès son avènement, l'intention de changer complètement la politique de la Porte et de prendre une part active aux affaires de l'Europe. Le jour où il se rendit à la mosquée d'Eyoub, pour ceindre le cimelerre d'Osman, il s'arrêta devant la caserne des janissaires, et, lorsque, suivant l'usage, il reçut des mains de l'aga la coupe de cherbet : « Camarades, s'écria-t-il, j'espère, au printemps prochain, le boire avec vous sous les murs de Bender. j>

La France se réjouit de ces dispositions de Moustapha et ne négligea aucune occasion de lui témoigner que, malgré l'atteinte récemment portée à ses privilèges religieux, rien n'était changé

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dans ses rapports avec la Turquie. Ainsi des esclaves chrétiens s'étaient emparés par surprise du vaisseau amiral de la flotte turque et l'avaient conduit à Malte (17G0). Le sultan, furieux d'un tel affront, demanda à l'ambassadeur de France la restitution du navire, qu'il appelait son « trône de la mer; » il en écrivit même à Louis XV, en lui disant que, s'il ne lui accordait satisfaction, il devrait regarder son amitié « comme de la peinture sur l'eau. » La cour de Versailles essaya d'abord de lui faire entendre que la France n'avait rien à démêler dans cette affaire, et qu'elle ne pouvait s'en occuper que par amitié pour la Porte ; puis, étant habituée à traiter les Turcs comme des enfants à qui l'on pardonne leurs mutineries, au lieu de s'irriter de leurs prétentions, de leur insolence, elle acheta le vaisseau aux chevaliers de Malte, et le renvoya en grande pompe à Constantinople, où le peuple le reçut avec des transports de joie. La Porte ne témoigna nulle reconnaissance pour cet acte de bienveillance et refusa même d'envoyer une ambassade à Louis XV pour le remercier de sa générosité. « La gratitude, écrivait Vergennes, ne fut jamais la vertu de cette nation ; son orgueil, qui la porte à croire que tout lui est dû, lui laisse peu la liberté de sentir le prix de la. complaisance, de l'attention et de l'amitié qu'on lui marque. »

La mort d'Auguste III, roi de Pologne, le meurtre de Pierre III, empereur de Russie, et l'avènement de l'ambitieuse Catherine (1762), obligèrent enfin la Porte Ottomane à sortir de son inaction et à resserrer son alliance avec la cour de Versailles.

La Russie, depuis un demi-siècle, avait- profité de tous les événements, de toutes les fautes, de toutes les guerres de l'Europe, pour renverser le triple obstacle qui l'empêchait d'être complètement européenne, la Turquie, la Suède et la Pologne. Nous avons vu quels efforts elle avait déjà faits contre la Turquie, quels succès elle avait déjà obtenus ; mais ce n'était pas l'œuvre d'un jour que la conquête de l'empire des Osmanlis, et l'on ne pouvait s'y préparer que par la destruction de la Pologne et de la Suède. La

Suède n'avait échappé à une ruine complète que par le traité de Nystadt ; c'était maintenant au tour de la Pologne. Déjà la Russie avait préludé à l'asservissement de ce pays en lui donnant deux rois dont elle avait fait ses vassaux ; pour l'achever, elle le força d'élire un seigneur d'obscure noblesse, ancien amant de Catherine Iï, qui ne pouvait se soutenir que parles baïonnettes russes; elle lui imposa un code de lois destiné à perpétuer l'anarchie qui le dévorait ; enfin, elle fit envahir par une armée le royaume insurgé contre tant d'outrages. « Les puissances du Nord, disait M. de Choiseul, paraissent attachées au char de Catherine : la Suède, par le succès des cabales fomentées dans l'intérieur de son gouvernement ; la cour de Berlin, par l'espoir de séparer l'Autriche de la Russie ; enfin, la cour de Londres, par opposition à la France. » Quant aux puissances du Midi, l'Autriche se disait neutre à cause du traité de 1756; mais la Russie était sûre de la retrouver pour alliée quand elle lui offrirait une part des dépouilles; la France était épuisée par les désastres de la guerre de Sept ans ; enfin, la Turquie ne comptait plus que comme une proie qui devait subir le sort de la Pologne. Cependant les Polonais demandèrent des secours à toute l'Europe, principalement à la Turquie et à la France, qui toutes deux avaient protesté contre l'élection de Stanislas Poniatowski et contre l'intervention des Russes.

La politique naturelle de la France était de s'opposer aux projets delà Russie, et, malgré de nombreuses fautes, elle l'avait suivie, elle était prête encore à la suivre. Mais, à cette époque, nous sortions des humiliations de la guerre de Sept ans, et la grande affaire du cabinet de Versailles était de s'en venger. Choiseul regardait comme inévitable le renouvellement de la lutte avec l'Angleterre, et il en trouvait l'occasion dans les troubles de l'Amérique du Nord, troubles qu'il fomentait et à l'aide desquels il voulait faire reprendre à la France sa puissance sur l'Océan. Les affaires de Pologne le jetèrent dans l'embarras ; car il voyait la Russie près de

s'agrandir, et il n'y avait qu'une politique qui pût efficacement l'en empêcher : l'accord de l'Angleterre avec la France, accord impossible. En effet, l'Angleterre non-seulement refusa d'aider la France dans ses négociations en faveur de la Pologne , mais elle entrava tous les efforts qu'elle fit pour son salut; elle la menaça même d'une coalition européenne si elle se déclarait ouvertement contre la Russie; enfin, elle se montra constamment favorable aux spoliateurs de la Pologne,. Dans cet état de choses, il ne restait à Choiseul d'autre parti à prendre que d'exciter la Porte à secourir activement les Polonais. En effet, M. de Vergennes reçut l'ordre de pousser les Turcs à la guerre, en leur promettant la neutralité de l'Autriche. Le sultan Moustapha III, prince ignorant, mais plein d'énergie et de bonnes intentions, avait été insolemment joué par Catherine dans les affaires de Pologne ; car il avait juré de laisser l'élection libre, mais en excluant uniquement et formellement Poniatowski; etPoniatowski, malgré les promesses delà czarine, avait été imposé aux Polonais par les soldats russes. A la nouvelle de cette élection monstrueuse , Moustapha entra dans une violente colère : a Je saurai réduire ces infidèles ! » s'écria-t-il ; et ses ministres disaient que leur maître était prêt à tout sacrifier pour se venger de la Russie. Mais la puissance ottomane, ses armées, ses finances, étaient tombées depuis vingt-cinq ans dans le plus profond délabrement , l'ardeur du sultan dut s'éteindre bientôt, et devant les résistances de ses ministres, à qui la Russie faisait croire que les troubles de la Pologne n'étaient que des querelles de religion , et devant l'impossibilité de tirer son peuple de la lâche apathie où il était plongé : « Que puis-je seul? disait-il au khan de Crimée. Tous mes pachas sont amollis et corrompus. Us ne veulent que des kiosques, des musiciens, de belles esclaves. Je travaille à mettre de Tordre dans l'empire; mais il n'y a personne qui veuille m'aider. »

Cependant les agents de Catherine, au moyen de la propagande religieuse, préparaient la voie à l'invasion russe dans les provinces

grecques de la Turquie. Dès 1760, le czar Pierre leur avait envoyé de zélés émissaires. L'un d'eux , Grec de Thessalie , Papas- Oglou , officier d'artillerie au service de la Russie , parcourut les côtes de l'Adriatique, la Thessalie, la Morée ; un autre, le moine Stéphano , choisit pour théâtre de ses prédications la Servie et la Croatie. « Ni l'Allemagne, ni la Hongrie, disait-il aux raïas, ne peuvent rien faire pour vous ; la France dort, la Pologne se meurt ; seule, la Russie pense à vous, veille sur vous, vous tend la main ; car seule elle est orthodoxe. Ne reconnaissez-vous pas en elle la race blonde qui doit vous sauver? » Animés par ses discours, convaincus par ses aumônes et ses largesses, les chrétiens de l'Albanie, de la Servie, du Monténégro, se levèrent en armes ; mais les Russes n'étaient pas encore prêts; l'insurrection, abandonnée à ses seules forces, fut écrasée par les janissaires. En Morée, Papas-Oglou s'aboucha avec Mavro-Michalis, chef des Maïnotes ; il ne put s'entendre avec lui et se tourna vers Benati , évêque de Calamata, qui promit de soulever 100,000 Grecs à l'approche des Russes. Le cabinet de Saint-Pétersbourg ordonna à sa flotte de se diriger vers le Péloponèse. Mais , avant de tenter l'expédition, le comte Orloff eut une entrevue avec Mavro-Michalis. Le montagnard ne se laissa point séduire par les flatteries, ni effrayer par les menaces. « Eusses-tu à tes ordres toutes les armées de ta souveraine, dit-il au Moscovite, tu ne serais encore qu'un esclave ; je suis, moi, le chef d'un peuple libre, et, quand même le destin ferait de^ moi le dernier des hommes, sache que ma tête aurait encore plus de prix que la tienne. » Les Maïnotes confirmèrent ces paroles de leur chef : « Nous ne prendrons les armes, dit leur député à la czarine, qu'en qualité d'alliés et dans le cas où Votre Majesté sera décidée à ne traiter avec les Turcs que lorsque nous les aurons chassés de la Grèce; nous ne sommes ni esclaves, ni serfs, et nous voulons l'indépendance et la liberté. » Un troisième émissaire , envoyé dans les principautés roumaines, insurgea les boyards et le peuple « au nom de la patrie, de la religion et de la

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