II
dans toutes les occasions, des représentations, tant en faveur de la nouvelle église à Constantinople que pour ceux qui la desservent, promettant de les prendre en considération comme faites par une personne de confiance d'une puissance voisine et sincèrement amie. § C'est l'origine de la guerre de 1854 (i). . • Depuis la paix de Kainardji, dit M. de Hammer, la Russie a été l'oracle des négociations diplomatiques suivies auprès de la Porte, l'arbitre de la paix ou de la guerre , l'âme des affaires les plus importantes de l'empire. » Quant à la France, son influence en reçut un coup mortel. Le traité de Kainardji lui imposa fatalement, pour ainsi dire , une marche rétrograde , en lui donnant une rivale au protectorat des chrétiens d'Orient, rivale qui, ayant sur elle les avantages de la position, de la race, de l'origine, devait lui enlever successivement tous ses privilèges, rivale dont elle ne pouvait plus déjouer les projets, puisque, désormais, la Russie la tenait en bride , non-seulement par l'Autriche et la Prusse , mais encore par l'Angleterre, complice dupée du meurtre de la Pologne, du démembrement de la Turquie.
(I) L'expression de protéger la religion chrétienne et ses églises étant prise dans on sens vague et générique, le cubincl de Saint-Pétersbourg a prétendu qu'elle peut s'appliquer aux sujets de la Porte, ee qui voudrait dire implicitement que, dans le cas où les raïas professant la religion chrétienne se plaindraient d'être maltraités, la Ruséie aurait le droit de demander des explications et de faire des remontrances pour ramener la Porte à l'observation du pacte convenu. Mais l'esprit de ce traité n'est nullement d'accord avec celte interprétation rigoureuse de la lettre : la Rnssie restituait alors à la Porte certaines provinces chrétiennes qu'elle lui avait enlevées dans la dernière guerre, telles que la Bessarabie, la Valachie et la Moldavie ; il était donc naturel qu'elle stipulât une condition d'oubli du passé et de bons traitements pour les habitants de ces provinces que leur soumission au gouvernement russe avait compromis. Quoi qu'il en soit du véritable sens de cet article, toujours est-il que, si le gouvernement ottoman s'est engagé à protéger ses sujets chrétiens et leurs églises, il a stipulé qu'il les protégerait lui-même, et n'a pas aliéné ce droit de la souveraineté au profit d'une puissance étrangère. (Famin, Histoire de la rivalité cl du protectorat^ etc.)
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