SI
les règlements étaient exactement obserrés.
Avant Tinventiou de l'imprimerie on les nomroait M(igni librarii, et leur principal office était, à celte époque, de fixer le prix des livres manuscrits.
16 19. Paul Estienne, fils de Henri Estiennelf, et petit-fils de Robert Estienne, est chargé, par un arrêt du conseil d'État du roi, du 27 mars 1619, d'aller retirer des mains de la seigneurie de Genève les matrices grecques des caractères gravés par Garamond, moyennant une somme de 3,000 livres, dont 400 furent allouées à ce même Paul Estienne pour ses soins dans cette affaire.
Lorsque Robert Estienne dut sortir de France pour se réfugier à Genève, il avait emporté ces matrices, soit parce qu'elles lui appartenaient, comme les ayant payées en partie à Garamond, soit comme un gage de ce qui pouvait lui être dû. Voici les preuves que c'était un gage : t<> on ne voit pas que Roiiert en ait fait usage à Genève; V* aucune réclamation ne fut faite ni à lui ni à la seigneurie de Genève, à laquelle Robert Estienne s'était vu forcé de les engager, en raison même de la gêne que lui oc< casionnait son exil volontaire ; 3" c'est à son petit-fils qu'on donne la commission d'aller les d^ager pour une somme payée par le trésor du roi, et sur laquelle on accorde même une indemnité à Paul Estienne.
Les lettres royales de Henri II (août 1552), tout réeemment découvertes, fournissent une nouvelle preuve et sans réplique du droit qu'ayait Robert Estienne sur les matrices grecques de Garamond, puisque dans cet acte si minutieux, qui restitue aux huit enfants mineurs de Robert la jouissance de leurs biens, séquestrés par suite de son départ pour Genève, il n'est nullement question d'aucune réclamation sur les matrices.
1619. Quinet (Nicolas), libraire. Le succès des ouvrages de Scarron, qu'il publiait, lui permettait d'en payer régulièrement le maigre produit à l'auteur, qui se vantait souvent en plaisantant de son marquisat de Quinet et des rentes quHl en tirait, « Aujourd'hui, dit M. L. Lalanne, il ne s'agit plus pour MM. de GhAteaubriand , Thiers, de Lamartine, Eug.
Sue, etc., de marquisats ni de duchés, mais bien de principautés et de royaumes. »
1621. Richer (Jean), libraire juré, a imprimé avec Pierre Chevalier la sainte Bible, in-f, 1622, ornée de très-belles gravures.
Elle est recherchée des bibliophiles et connue sous le nom de Bible de Richer,
1621. Camusat (Jean) est reçu imprimeur; et' comme il ne publiait que des ouvrages de mérite, c'était une recommandation pour un livre que d'être imprimé chez lui. En 1634 il fiit choisi par l'Académie Française pour en être rimprimeur. Cetteillustre Académie tenait sou-
vent chez lui ses séances, et elle le chargea plusieurs fois de faire en son nom des compliments et remerclments à des hommes de lettres. Elle voulut assister en corps à ses obsèques, qui eurent lien en 1639.
1621. De Hansy (François) est reçu libraire.
1622. Estienne (Jean- Jacques ), fils aîné d'Antoine, est reçu imprimeur -libraire, et meurt sens avoir exercé.
1623. La compagnie des libraires qui mettait au titre de ses livres Lut, Paris, ; typis rC' giis, apudsocietatem Grœcarumeditionum, composée de Morel, Sonnius, Cramoisy et Buon, imprime P/utorgue gr.-lat., in-f, 4 vol., 1624; Xénophongr,-\Bt., 1625 ;i4mto^6 avec notes de Du val , 2 vol. in-^, 1629; Strabon , in-f«, etc.
1624. Sonnius ( Claude\ de Paris, est reçu imprimeur-libraire : en 1627 il publie la Description du Monde, par Davity, 6 vol. in-f^, réimprimée depuis avec additions ; V Histoire deFrancepBf Dupleix, 6 vol. in-f%1631; .Sain^ Cyrillebi 5ynâtiw,gr.-lat., in-f*, 1631, édition rare et estimée. Son fonds de librairie était Tun des plus considérables de Paris. Il fonda l'hôpital des religieuses à Gentilly près Paris.
1624. Guillemot ( Pierre), fih de Mathieu Guillemot, est nommé libraire; il imprime VHistoire de France de Mezerai, 3 vol. info!., 1643, réimprimée en 1685, par Denis Thierry, Claude Barbin et Jean Guigniard; mais l'édition de Guillemot est toujours recherchée, parce qu'elle contient certains passages hardis, supprimés dans les éditions postérieures.
1624. Lettres en forme d'édit de création de quatre censeurs de livres, données en août par Louis XIII :
I Par suite des troubles , les anciens règlements de rUniversité n*ayant pas été gardés exactement par les libraires , plusieurs ont pria la liberté de faire imprimer ce que bon leur a semblé, tant pour la doctrine el mœurs que affaires de notre £tat. Pour remédier à ce désordre, nous avons créé et établi quatre censeurs et examinateurs^ qui seront pris du Corps et Faculté de Théologie de notre Université de Paris, pour dorénavant lire et examiner toutes sortes de livres nouveaux.
t Défense à lont officier de chancelleries et cours souveraines d'accorder aucun privilège , et aux imprimeurs dMmprimer, comme à tout libraire de vendre aucun livre dépourvu de Tattestation et approbation des censeurs , sous peine de trois mille livres d*amende.
< Les livres présentés à Texamen devront être en double copie, dont l'une restera entre les mains des censeurs pour s*assurer si aucun changement serait introduit après l'approbation donnée.
t II est accordé honneurs., immunités, etc., aux quatre censeurs , ainsi qu'un traitement de uc>«x mille francs pour les quatre. '
L'Universités'oppostà renregistreineDkd'aii acte aassi contraire, aux droits dont elie jouissait de temps immémorial ; elle imprima ses remontrances, et M. le garde des sceaux » qui avait scellé les lettres , informé du trouble qui s'était élevé dans la Faculté, dit aux députés N que le roi n'avait point eu l'intention de tt porter atteinte aux droits d'aucun docteur ; « que sa majesté avait ciHi faire plaisir à la K Faculté, et qu'elle écouterait volontiers ses R raisons et ses plaintes, si elle se croyait lé- « sée, etc. »
L'affaire resta en suspens, et les quatre censeurs renoncèrent publiquement à leur nomination. Mais en 1629, sur les plaintes faites par les députés des états, on donna pouvoir à M. le chancelier, ou garde des sceaux, de commettre telle personne qu'il Youdralt pour l'examen et approbation des livres nouveaux.
1625. DeSanlecques (Jacques) , fondeur en caractères, est reçu dès iô96 imprimeur-libraire. Il s'était instruit chez Guillaume le Bé dans l'art de graver et frapper les poinçons, O'ajuster les matrices et de fondre les caractères. Il devint très-habile, comme on peut en juger par les caractères orientaux qui ont servi à la Polyglotte de le Jay. Il a imprimé quelques livres. Ses fils lui succédècent comme rondeurs.
1625. Le Bé (GiMlaume II) , fondeur en caractères, est reçu imprimeur-libraire.
Tout en s'occupant de la gravure des poinçons, il n'en publia pas moins de grands ou* yrages, tels que \e&,Œuvres de saint François de Sales, 2 vol. in-t*; le Traité du Dessin, par Jean Cousin, 1640. Sa marque était un B, par allusion à son nom.
1625. La compagnie des libraires qui avait pour marque cinq sources d'eau qui se rendent dans une rivière, avec cette devise : Sic minimis possunt coniponi flumina, publie cette année le Tite-Live de Gruter, avec des commentaires diversorum.
1625. Guigniard (Jean) est reçu libraire.
Le nombre de livres de droit qu'il a publiés est considérable.
1625. Targa (François), imprimeur de monseigneur l'archevêque, publie cette année V Apologie p<mr les grands hommes accusés de magie, par Maudé. Plusieurs membres de cette famille furent imprimeurs et libraires.
1625. Josse ( Georges), imprimeur-libraire, nommé syndic en 1659, a publié beaucoup d'ouvrages considérables, entre autres les Annales ecclesiastici Veteris et Novi Testamenti , auctore Saliano , 6 vol. inl*».
1626. Louis XIII donne pouvoir au garde des sceaux de choisir telle personne qu'il jugerait convenable pour lire, examiner et approuver les ouvrages avant l'impression. L'Université perd dès lors une partie de ses attri-
imtiona, qui passent dans celles du diancelier.
1626. Mort de Paul Estienne, fils de Henri IL Il était né vers 1566. Quoique Lacaille et Lot< tin le fassent figurer parmi les imprimeurs de Paris, il parait certain que la plupart de ses ouvrages et peut-être tous ont été imprimés à Genève, dont quelques-uns portent l'indication.
1627. Germont (Jean ) est reçu libraire ; il publie en 1639 les Œuvres de Cujas, 6 vol.
in-r*. Il publie en société avec Jean Bilaine plusieurs ouvrages m-t*, tels que les Œuvres de saint Bernard, eu 1632, etc.
1628. Estienne (Joseph), second fils de Paul Estienne, est reçu libraire.
1628. Dupuy (Mathurin), imprimeur-libraire, s'est distingué parmi les plus habiles libraires de son temps.
1628. Parait le premier volume de la Bible Polyglotte,m^i\mé& par Antoine Vitré et publiée sous les auspices et entièrement aux frais du président le Jay. Après dix-sept ans de travaux, le dernier volume parut en 1645.
Elle est en sept langues, l'hébreu, le samaritain,/ le cbaldéen, le grec, le syriaque, le latin et l'arabe. Le cardinal du Perron avait conçu l'idée de réimprimer la Polyglotte d'Auvers.
Mais il mounit, et ce fut le président le Jay qui exécuta ce projet.
1628. Nicolas de la Coste est nommé libraire. Associé avec son frère Léon, leur devise était : Ditat concordia fratrum, et quelquefois deuA £œurs, avec ces mots : Nos conneciU amor. Ils imprimèrent V Histoire des Papes par Duchesue. Nicolas a traduit de l'espagnol les Voyages de Herrera , qu'il a imprimés en 3 vol. in-4°. Habile imprimeur» il savait trèsbien le latin.
1629. Ordonnance de Louis XIII qui déclare qu'il faut apporter un remède plus puissant qu'il n'a été fait par les précédentes ordonnances ; « encore que la force des lois consiste plus en la vigilance des magistrats sur l'observation et exécution d*i' celles, qu'yen ce qu^ elles contiennent: c'est pourquoi nous défendons d'imprimer, de vendre et débiter aucuns livres ni écrits qui ne portent le nom de l'auteur et de l'imprimeur^ et sans notre permission par lettres de notre grand sceau , etc. m
1629. Thierry ( Denys P^), fils de Rollin Thierry , est reçu libraire et imprimeur. Le Digestum Sapientiœ P. Yvonis , capudni , 3 vol. in-P, et les ouvrages français de ce religieux, 16 vol. in-4",etc., sont les principaux livres qu'il a imprimés. 11 avait pour enseigrie saint Denys , avec ces mots : Sanctus Dionysius , Galliarum Apostolus,
1630. Mort de Frédéric Morel le jeune, qui pour la science n'était pas inférieur à Henri Estienne.
1630. Estienne (Robert IV), second tilsde Henri III, est reçu imprimeur-libraire; il imprima cette année même sa traduction du troisième livre de la Rhétorique d^Arisiote, dont son oncle Robert III a?ait traduit et imprimé les deux premiers.
1630. Antoine Vitré est nommé imprimeur du roi en langues orientales, imprimeur du clergé en 1635, syndic de la communauté en 1639, puis consul en 1664, et directeur de KbOpital général. Ses éditions sont très-belles, et sa Polyglotte, dite du président le Jay (i), 9 Tol. grand in-f*, est un des chefs-d'œuvre de rimprimerie parisienne. Ses bibles in-f^ et in- 12 sont au nombre des ouvrages les mieux imprimés du dix-septième siècle. On a prétendu, mais sans aucune preuve, que Vitré lit jeter à la fonte les caractères orientaux qui avaient servi à la Polyglotte , afin qu'ils ne fussent pas employés après sa mort, qui survint en 1674.
Jamais aucun imprimeur à Paris ne fut aussi bien pourvu eu caractères orientaux. A la mort de M. Savary de Brèves, ambassadeur de France k Coustautinople, où il avait fait graver trois caractères arabes de diverses grosseurs , deux caractères persans et un caractère syriaque. Vitré fit Tacquisition du tout pour la somme de 4,300 livres; on en avait offert autrefois 27,000. Vitré fit graver ensuite, par ordre du roi, des caractères arméniens et éthiopiens. Colbert, qui lui avait donné la direction de rimprimerie Royale, lui fit une pension. Sa devise était un Hercule, avec ces mots : VirttLs non territa monstris.
On reproche à Vitréde n'avoir {las distingué dans ses impressions les i des j et les v des u.
1631. Louis XIII, par une charte, donne la
(1) Le président le Jay, qui avait sacriQé à ce grand ouvrage plus de cent mille ccus.se trouvant en- Uèremcnt ruiné, se fit ecclésiastique, fut doyen de Vezelat, et obUnt enfin de Louis XlV un brevet de coDseUter d'État. Il ne tenait qu'à lui d'éviter la ml- «èrc , en attachant le nom de Richelieu à sa Polydlotte. Mais, malgré les Instances du cardinal, qui à cette condition offrait le remboursement de tous les Irais, il voulut conserver à lui seul la gloire d'une telle entreprise, et refusa ces offres.
Cette Polyglotte remporte sur celle d'Anvers, en ce qn'elle contient le samaritain, qui manque à la Polyglotte d'Arias Montanua, et le syriaque s'y trouve aussi pour l'Ancien Testament, tandis que dans celle d'Anvers H n'existe que pour le Nouveau. Mais un grand inconvénient dans la Polyglotte de le Jay, c'est que le samaritain , le syriaque et l'arabe ne se trouvent pas imprimés à côté des autres langues, et qu'il faut les aller chercher dans d'autres volumes, ce qui est fatigant lorsqu'il faut remuer sept énormes tomes. Il manque aussi un apparatus , les grammaires et les dictionnaires qui se trouvent dans la Polyglotte dite du cardinal Xlmenès, exécutée à Alcala ( in universitate Compluterui), iai4-iBi7, « vol. in-fo, et dans celle d'Arias Montanus, imprimée à An* vers par Plantln. iiS6»-iK7ô.
La dernière édition de la Polyglotte est celle de MTaiton ; Londres, 16B7, g vol.ln-f». Crat la p|i*« com< pléte et In plus estimée.
direction de la Gazette de France à Théophraste Renaudot, son médecin, qui pour amuser ses malades avait amassé de tous côtés des nouvelles, ce qui l'avait mis en grande mode.
1631. Société de la Grand'-Navire , com< posée deBéchet, Denis; Branchu, Jean; Gramoisy, Gabriel ei Sébastien; Moreau, Denis; Somius, Claude; Thierry, Denis,
1632. Béchet ( Denis ) est reçu libraire, et devint successivement adjoint, syndic, consul, et juge-consul. Parmi les grandes publications dont on lui est redevable figure, en compagnie avec Antoine Berlhier et Siiuéon Piget, la Biblia magna, 5 vol. in-f, 1643, puis la ^tblia magna, auctore Joan. de la Haye, 19 volumes in-f**, 1660. Il avait pour marque le Compas, qui était celle de Sonuius, dont il avait acheté le fonds de librairie, l'un des plus considérables d'alors.
1633^ Chaudière ( Pierre ), fils d0 Renauld Chaudière, est reçu Hbraire. Il imprima la seconde édition in-f» des Œuvres du cardinal du Perron, Sa marque était TÉcu de Florence, avec ces mots : Florida Jlorenti Jloret Florentia flore.
1633. Langlois (Jacques ), habile fondeur en caractères, est nommé imprimeur du roi.
1633. Fondation de la compagnie pour les livres d'Église. Elle est dissoute en 1664.
1634. Langlois (François), dit Chartres, est reçu libraire; il publia un grand nombre d'ouvrages sur l'architecture et les beaux arts. Comme il avait beaucoup voyagé, il mettait pour marquée ses livres les Colonnes d^Hercule, avec ces mot^: JSon plus ultra. Il avait rapporté de ses voyages beaucoup de livres rares, gravures, etc., dont il faisait un grand commerce. Il s'acquit l'estime des plus grands personnages. Le roi d'Angleterre , Charles I«', lui fit des présents considérables à son départ de Londres.
1635. Charles Morel, fils de Claude, est nommé imprimeur du roi. Il a imprimé plusieurs auteurs grecs et latins in-f^ : Saint Clément d^ Alexandrie, 1629; /U5^in , 1636; les Concilia generalia et provincilia, auctore Biniô, 1636 , dix volumes in-f° , et beaucoup d'autres ouvrages, qui l'ont fait estimer comme l'un des plus célèbres imprimeurs et libraires de son temps.
1635. Un livre intitulé : les Morales d'Épictète , de Socrate , de Plutarque , et de Sénèque, par J. Desmarest, parut avec cette indication : au Château de Richelieu, Le cardinal y avait en effet élevé une imprimerie à son usage.
1636. Berthier (Antoine) était neveu des Prost, libraires de Lyon. Ses heureuses dispositions, remarquées du chancelier Séguier, lui firent obtenir, par des lettres patentes du grand
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sceau, la liberté d*exercer la librairie à Paris. La reine-mère l'ayait choisi pour son libraire ; et comme il sollicitait sa protection pour pouvoir imprimer les Mémoires du cardinal de Richelieu sans s'exposer à la haine des personnes puissantes qui s'y trouvaient compromises, la reine-mère lui dit ces belles paroles : Travaillez sans crainte, et faites tant de honte au vice, qu'il ne reste en France que la ver lu. Il publia avec ses confrères Piget et Béchet un grand nombre de volumes in*f°, tels que Bibliotheca concionatoria Patrum, du P. Combefis, 8 volumes in-f®, etc. Il savait plusieurs langues , et traduisit quelques ouvrages de Tespagnol. Son enseigne était la Fortune. Mais , malgré son courage, son travail et sa probité, elle lui fut contraire à la fin de sa carrière.
1636-41. Les Œuvres complètes de saint Thomas d^Aquin paraissent en 23 vol. in-f«.
Une édition fut publiée à Rome, chez les héritiers de Bladus, 1570-1571, en 18 vol. in-f»; — une autre à Venise, 1593, 18 vol. inf^; — à Anvers, 1612, 19 vol. in-r*. Les dernières éditions sont celles de Venise, 1745-1760, et de 1765-1788, chacune en 23 vol. in-4°.
1637. DeSaplèque (Jacques), qui s'était adonné à l'étude des langues orientales, fut obligé d'y renoncer pour prendre la profession de son père ; il fut reçu imprimeur en 1637.
1638. René Ghartier, docteur et professeur de médecine, fait paraître le premier volume (le la grande entreprise des œuvres d'Hippocrate et de Galien en grec et en latin, qui forme 13 tomes en 9 volumes in-f^. Il s'engagea dans cet immense travail à la sollicitation de la Faculté de Médecine de Paris, avec l'approbation du cardinal de Richelieu , à qui l'édition fut dédiée. René Ghartier mourut lors de l'impression du 10* volume. Malgré tous les soins que lui et ses amis apportèrent à la lecture des épreuves, elle est peu correcte, faute d'avoir pu trouver parmi les correcteurs d'épreuves de Paris les secours que Ghartier en espérait. Aussi dans une de ses préfaces il émet le vœu : 1° que toute impression qui contiendrait un certain nombre de fautes soit supprimée; 2** que tout maître imprimeur soit tenu de savoir les langues grecque et latine ; 3® que les appointements des correcteurs soient portés plus haut, et qu'on n'en prenne que de très» habiles; 4** qu'il y ait toujours trois correcteurs pour voir chaque épreuve une fols l'un après l'autre (1).
(ONoscant itaqae Luleliae htscc tempoiibuscliarao* teres grxcos et latinos omnium esse prscslaatissimos ; «ed emendalorcs paucissimos, aul nuUos eo digoos litulo, qui typica folia erroribus libèrent. Utinam Icge cauturo esset solos Itbros amputatts prius erroribus solulns In lucem prodire; sulosque Graecae et I^Tins locutionis perillssimos typographtcam provlnciam suscipere; et eruditissimis cmendatoribus '
1639. Morel (Gilles), troisième fils de Claude V, libraire et imprimeur du roi. Il continua d'imprimer la Magna Bibliotheca Patrum, grec et latin, 17 vol. in-t?, et d'autres ouvrages savants.
1639. Piget (Simon), célèbre libraire , est reçu imprimeur. Il fut nommé syndic en 1665.
Parmi les grands ouvrages qu'il a imprimés, le Rituale Grxeorum gr. et lat. , auct, Qoor rio, est recherché. Il acheta le fonds de librairie de Gilles Morel et celui de Joseph Cottereau.
1640. Ballard ( Robert II), imprimeur du roi pour la musique, tant vocale qu'instrumentale, succéda à son jpère Pierre. Il fut syndic eu
£n 1650 il publie l'ouvrage de Jacques Mentel : Dé vera Typographie Origine, où l'honneur de l'invention de l'imprimerie est attribué à Mentelin de Strasboiîrg, mais sans aucune preuve convaincante. Le titre imprimé en rouge et noir porte : Ex officina Roberti Ballard, architypographi rei musicœ régis, ad signum Parnassi Montis in vico Sancti^ Joannis Bellovacensis. Un fleuron sur le titre représente Apollon et les Muses; au fond sur le mont Parnasse est le cheval Pégase.
1640. Louis XIII, agissant sous l'inspiration du cardinal de Richelieu, fonde au Louvre (I) une imprimerie royale. Pour propager la foi catholique en Orient et y étendre les relations politiques et commerciales de la France, il fit imprimer des livres destinés à être remis gratuitement aux missionnaires. Les frais de l'Imprimerie Royale montaient alors à 360,000 livres. Cramoisy ( Sébastien ) en fut nommé le directeur. Il mourut en 1669. Le premier ouvrage qu'il y imprima est V Imitation de Je* SUS' Christ en latin, in*f°, 1640.
1640. Pierre Moreau, maître écrivain, puis imprimeur, présentée Louis Xlll des épreuves d'un caractère qu'il avait fait graver et qui imitait l'écriture ronde, il exécuta ensuite une bdtarde brisée. Ces deux sortes de caractères, représentant imparfaitement l'écriture, servirent, en 1643, à imprimer V Imitation de Jésus-Christ, in-P';en 1644, les saintes Métamorphoses, in-4''; et en 1648, un Virgile in-4*', dans lequel il employa la plus grande bdtarde pour le texte latin, la bâtarde
stipendia consuelts ampltora statut ; et cniqae foUo emendando très emendatores prsffci, qui aeorsim ac vlclsslm folium semel tantum Insplccrent , iegerent , emendarent.Nos verô excusa praslo folia, prster consuctudlnero, llttcratis vlris emendanda tradidimas.
(i) Elle occupait la partie dn Louvre qui sert aujourd'hui d'orangerie. C'est là, et dans la galerie supé* rieure, que l'imprimerie de mon oncle Pierre Didot y fut établie, en i798, et que les beues éditions dîtes du Louvre y furent impfimées.
£n iras le matériel de l'Imprimerie Royale fat transporté à l'hôtel Penthiëvre (où est aujourd'hui la Banque). En isos, par ordre de Napoléon, H fut transféré au Palais-Cardinal ( ruc*Viellle-du-Templé ).
moyeuae pour la traduction française, et la plus petite pour les notes marginales; il se servit de la ronde pour le privilège. Ces caractères furent connus sous le nom de financiers.
1640. Sentence de Châtelet, du 28 octobre, qui décharge les libraires , imprimeurs et relieurs de la commission d'allumer les chandelles aux lanternes de la ville.
1641. De la Caille (Jean) est reçu imprimeur-libraire, et imprimeur du roi en 1644.
Sa marque était trais Cailles, par allusion à son nom, dont les trois mots ilU candelaDei, placés autour d'un soleil, formaient l'anagramme.
1642. Savretix (Charles), libraire, publiait les ouvrages de Port -Royal. Sa principale publication est Veterum Scriptarum SpicHegium, operaet studio D. Lucœ d^Acherii, 13 vol. in-4*, 1655. Se rendant à Port-Royal, la voiture versa ; il fut tué sur place, et enterré à Port-Royal.
1642. Martin (Edme II). Fils d*un imprimeur distingué, qui, formé à l'école des Morel, imprima de beaux ouvrages pour Sébastien Cramoisy, le jeune Martin avait appris son métier d'imprimeur chez son père, tout en acquérant une forte instruction. Le nombre des ouvrages quil imprima pour son compte est immense. Les auteurs, appréciant les services qu'il leur rendait par ses savants conseils, exigeaient des libraires de faire imprimer leurs «uvres chez Edme Martin. Le P. Sirmond, le P. Vavasaeur et beaucoup d'autres professeurs ont fait hautement son éloge. Le professeur de droit Ilauteterre, dans uneépltre à M. Nublé, en parlant du mérita de Ed. Martin, lui donne le titre de typographus regius. Il fut syndic en 1663. Après son décès, sa veuve continua ses grandes publications , telles que Sancii Gregorii Opéra, 3 vol. inf» ; Acta Sanctorum ordinis Sancti Bénédictin seculum llletiV, 3 volumes in-f». En 1677 son fils, Gabriel Martin, fut reçu imprimeur-libraire par arrêt du conseil d'Élat, rendu à la considération des services tant de son aïeul et de son père que de son mérite particulier.
1643. Lettres patentes accordant privilège de vingt années à Mezeray et au docteur Arnaud. C'est le plus long terme concédé jusqu'alors.
1643. Pierre Lepetit est reçu imprimeur, et succède à Gilles Morel , comme imprimeur ordinaire du roi. 11 fut aussi choisi en 1647 pour être imprimeur-libraire de l'Académie Française, charge exercée par son beau-père, Camuzat. Parmi les ouvrages qu'il a imprimés avec un grand soin, sous le rapport littéraire et typographique , on peut citer les œuvres d'Arnauld d'Andilly, 8 vol. in-P, VEusèbe, greclatin, 3 vol. m-f. 11 avait aussi une fonderie de caractères.
1643. On commence à l'Imprimerie Royale, sous la direction de Sébastien Cramoisy , la Collectioregia Conciliorum eu 37 vol. in-fol.
1643. Parait à Paris l'édition des Œuvres de saint Jérôme, 9 voL in-^, d'après celle de Plantin,mais avec de nouvelles augmentations et corrections.
1644. Coignard I (Charles) est reçu li' braire.
1645. Vivenay (Nicolas) est reçu libraire.
Dans la Bibliothèque historique de la France,, t. II , n* 25297, il est dit que Vivenay avait son imprimerie dans l'hôtel de Condé, d'oil sortit un grand nombre de pamphlets du temps. Guy-Patin, dans sa lettre à Spon, 1649, lui écrit : « Un petit libraire, grand vendeur de pièces mazarinesques, depuis notre guerre, a été surpris distribuant contre le surintendant d'Émery. 11 a été mis au ChÂtelet, où il a été condamné aux galères pour cinq ans. Ce pauvre malheureux s'appelle Vivenet. »
1646. Estienne (Henri F), troisième fils d'Antoine, est reçu libraire et imprimeur du roi.
1646. L'impression du Corpus Historiœ Byzantinx, en 22 vol. in-P, commence à l'Imprimerie Royale. Le premier ouvrage qui parait cette année est V Histoire de Jean Cantacuzène, 3 vol. in-f^. En 1647 Cramoisy y imprime les 7 volumes in-1® des BaffiXixûv, libri LX, en grec, avec la traduction latine.
1647. Estienne (François 111), deuxième fils d'Antoine , est reçu imprimeur et libraire. 11 parait qu'il n'exerça pas; on ne connaît aucun ouvrage imprimé par lui.
1649. Édit de Louis XIV:
I Reoonnoissanl les grands désordres qui se sont introduits en nmprimerie comme elle se pratique aujourd'hui dans notre royaume, et qu'au pr^udice de nos règlements on reçoit tous les jours en cette profession des personnes incapables de Texercer, nous avons pensé qu'un abus de si grande conséquence méritoit bien que nous prissions le soin de le corriger, afin que désormais notre règne , que nous espérons avoir signalé par de semblables règlements remplis de justice et d'honneur, soit encore considéré pour l'avantage que les bonnes lettres recevront de lui.
< On imprime à Paris si peu de t)oos livres, et ce qui s'en imprime paroit si manifestement négligé pour le mauvais papier qu'on y emploie, et pour le peu de correction qu'on y apporte, que nous pouvons dire que c'est une espèce de honte, et reoonnoitre que c'est un grand dommage à notre* Ëlat; et davantage ceux de nos sujets qui embrassent la profession des lettres n'en ressentent pas un petit préjudice, quand ils sont obligés de rechercher les anciennes impressions avec une dépense très-notable.
« De cet abus natt un autre mal, qui est que le mauvais exemple des pères élevant leurs enfants dans l'Imprimerie , plus pour servir à l'avarice que pour l'exercer honorablement, cette
profession S'anéanlit de Jour en Jour et de plos en plus; même bien souvent, au lieu de les nourrir en ces exercices, qui ont besoin d*une longue expérience et de beaucoup de connoissances , sont contraints de les en retirer, par le grand mépris auquel il est déchu.
n La misère des apprentis est encore si grande sous les maîtres, si peu soigneux de leur art, que malaisément il s'en rencontre qui soient d'esprit et de courage capables de s'y employer avec l'honneur que mériteroit une si belle et si nécessaire profession, au lieu qu'au siècle passé des plus grands et des plus savants personnages tenoient à grand honneur de servir le public en cette occupation qui a tant obligé les lionnes lettres. >
Suivent des considérations sur le dommage que causent les contrefaçons, plus ou moins déguisées, des ouvrages, souvent mal imprimés et sur mauvais papier, avec des caractères tout usés :
« Ce désordre en la police de noire Ëtat donne de grands avantages aux étrangers, quand pour mieux faire ils attirent chez eux le négoce, même se portent plus avant, et ont des boutiques dans nos bonnes villes, au moyen de quoi, sous des noms empruntés , ils emportent l'argent du royaume, où, au contraire, ilsavoient coutume de prendre de nous non-seulement des papiers blancs (dont encore ils ne sauraient se passer) , mais aussi toutes sortes de livres, qui s'imprimoient en notre royaume d'une façon plus agréable et plus correcte qu'elle ne se faisoit en nulle autre part. Il a été aisé à juger que ces grands abus se sont introduits par l'incapacité des maîtres, qui a procédé de leur multitude et dtt peu d'intelligence qu*ont entre eux les imprimeurs et les libraires de notre royaume^ encore que nous y eussions suffisamment pourvu par les règlements et par les défenses que nous avons faites ci-devant d'en recevoir aucun qui ne fût capable, ni plus d'un par chaque année. Les maîtres encore se sont émancipés de prendre pour apprentis un nombre de petites gens incapables, mal nourris et mal nés, en telle quantité que les inconvénients et la honte en paroissent de plus en plus insupportables. Pour les faire cesser et mettre le plus beau et le plus utile de tous les arts en son lustre, nous nous sommes fait représenter en notre conseil les ordonnances des rois nos prédécesseurs, etc., lesquelles vues, et ouïs encore quelques-uns des plus intelligents imprimeurs et libraires de notre bonne ville de Paris, nous avons résolu de faire étroitement observer le présent règlement, et de châtier selon la rigueur de nos ordonnances ceux qui, en quelque manière que ce soit, y contreviendront à l'avenir. »
Cet édit fut sanctionné malgré l'opposition de runiversité. Un des articles de ces statuts, conforme aux anciennes ordonnances, porte :
« Le roi veut que les gens de lettres ayent les livres bien imprimés et bien corrects, et à prix raisonnable. Pour cet effet, nous défendons aux libraires de vendre plus chèrement les vieux auteurs qu'ils réimprimeront, sous prétexte de la grâce et privilégie qu'ils obtiendront de nous.
Ainsi, leur enjoignons de les bailler selon le prix des autres livres. »
« Enjoignons à l'avenir aux imprimeurs et libraires de prendre seulement un apprentif Jeune, de bonne vie et mœurs, catholique, orl^nalre français, capable de servir le public, congru en langue latine et qui sache lire le grec, dont il aura certificat du recteur de l'Université; à peine de 300 livres et de nullité du brevet. »
1651. Sébiistien Mabre, petit-fils de Cramoisy, lui succède comme imprimeur ordinaire du roi et comme directeur de l'imprimerie Royale. t\ fut écbevin de Paris, et mourut en 1687. Sa veuve lui succéda comme directrice de l'Imprimerie Royale.
1651. Desprez ( Guillaume V')e&i reçu libraire, et imprimeur du roi en 1686. 11 acquit le fonds de librairie de Charles Savreux , et comme lui publia les ouvrages de MM. de Port-Royal, entre autres la traduction de la Bible par le Maistre de Sacy.
1651. Louis XIV fait remettre à Pierre Rocolet, imprimeur-syndic delà communauté des libraires, par Saintot, maître des cérémonies, une médaille et une chaîne d'or qui étaient accompagnées de la lettre suivante :
< Le roi, voulant témoigner à Pierre Rooolet, son libraire et Imprimeur ordinaire, la satisfaction qu'il a de ses bons, fidèles et agréables services et lui départir quelques marques d'honneur de sa bienveillance pour l'obliger de continuer, S. M. lui fait don et présent d'une chaîne d'or avec la médaille de sa figure et portrait, afin que la portant et la conservant, ses enfants soient conviés à l'imiter en affection et service de sa dite Majesté, et les autres excités à se rendre dignes de ses autres gratifications. Et à ce que sa postérité en soit bien informée et que la mémoire leur en demeure, sa dite Majesté m'a ordonné de lui en expédier le présent brevet, qu'elle a voulu signer de sa main , etc., etc. •
1652. Thierry {Denis II) est reçuimprimeur'libraire ; il était fils de Denis Thierry 1^' et petit-fils de Rollin Thierry. L'ambassadeur de Maroc visita son imprimerie. Il était le libraire de Bolleau , qui le cite dans ces vers
Vous irez
Ou couvrir chez Thierry d'une feuille encore neuve Lea Méditations de Buzée ou d'Hayncuve.
Êpttre X.
et dans ses lettres. 11 avait |jour enseigne ia Ville de Paris , et quelquefois la marque de son grand-père Rollin. Il fut successivement adjoint-consul , syndic et juge-consul. Il a imprimé V Histoire de France de Mezerai, 3 vol. in-P.
1652. Bilaine (Louis), dont le père et l'oncle étaient fibrairesdès 1614, est reçu imprimeur-libraire. Sa librairie fut laplusimpor tante du temps. 11 savait les langues grecque, latine, espagnole, italienne, et avait beaucoup Yoyagé. Ses liTres ont des avis, des préfaces et
(1) y oyez aussi la lettre à Brosettc.
epltres dédieatoires rédigés par lui. IL avait un dépôt important de ses livres à Rome et dans les principales villes de l'Europe. Il demeurait in Palaiio Regio, c'est-à-dire au Palais de Justice.
En 1678 il publia le Glossarium medix et infinue Latinitatis de Du Cange, 3 vol. in-P, 1678. Malgré l'immense mérite de cet ouvrage, qui fait tant d'honneur à la France , il parait que le débit ne répondit pas à l'attente qu'on en avait conçue, puisque ce fut au refus des libraires de Paris que Jean Anisson, imprimeur à Lyon, eut le courage d'entreprendre le Glossarium médias et infimœ GraBcitaiis, en 2 volumes in-f^, 1688. Voici ce que dit à ce sujet Du Gange dans sa préface : « Dans le temps que je disois avec Térentianus Maurus : Mon ouvrage restera caché chez moi, je trouvai heureusement dans la personne de Jean Anisson , un Lyonnais rempli de zèle pour le progrès des sciences , qui, marchant sur les traces de son père, et désirant faire revivre dans Lyon lesGryphes, les de Tournes , les Rovilles , et les autres célèbres imprimeurs, se chargea de joindre aux belles éditions qu'il a déjà données celle de moù Glossaire (I) ».
Louis Bilaine imprima beaucoup d'autres ouvrages importants, entre autres la DiplO' matique de Mabillon.
1653. Léonard (Frédéric /*') est reçu iniprimeor-libraire et imprimeur ordinaire du roi en 1678. On a deux portraits de cet imprimeur, peints tous deux par Rigant , et gravés , Vun par Édelink, l'autre par Yandermeulen.
1654. Hérissant Claude /*', gendre de François De H<insy, est reçu libraire. C'est le chef de cette nombreuse famille qui exerçait encore la profession d'imprimeur-libraire à Paris en
1654. Barbin {Claude) est reçu Ubraire.
1660. Debure (Nicolas) est reçu libraire.
1664. Delà Caille (Jean), auteur de plusieurs ouvrages, est nommé libraire. Son ffiS' toire de V Imprimerie et de la Librairie, publiée en 1689, 1 vol. 10-4**, en deux parties, est de beaucoup inférieure à l'ouvrage que GheviJlier, docteur et bibliothécaire de la Sorbonne, a donné en 1694 sous le titre de V Origine de r Imprimerie de Paris, 1 vol. in-4°; cepeudant elle contient des renseignements utiles.
1664. Arrêt du conseil, du 9 aoAt, qui condamne Malassis et Lamotte, libraires à Rouen, à 6,000 fr. de dommages et intérêts et par corps pour délit de contrefaçon.
1665. Création du Journal des Savants par Denis Sallo ( sous le nom supposé de sieur d^Hédouville), conseiller au parlement de
(i) Le premier correcteur de ce Glossaire fut le célèbre Jacques Spon, et le dernier fut le P. deColonla, iésolte.
' Paris. Sa critique acerbe lui suscita beaucoup d'ennemis, mais fit le succès de l'ouvrage, qui fut traduit en plusieurs pays dès l'apparition du 3" volume. L'abbé Gallois lui succéda.
1674. Estienne (Antoine), fils de Paul Estieune, né à Genève, en 1 592, meurt à l'hôtel- Dieude Paris, à l'Age de quatre-vingt-deux ans, après plus d'un demi-siècle de travail. Il avait commencé ses études à Lyon, et les avait achevées à Paris. Il était , dit la Caille , grand orateur et bon poète tout ensemble.
Les imprimeurs et libraires de Paris publièrent à ce sujet un écrit de deux feuilles in-f», où ils affirmèrent qu'après la mort de Bilaine, André Cramoisy et Gabriel Martin avaient commandé des caractères pour imprimer chacun un volume du Glossaire de Du Gange, lorsque Anisson, se trouvant dans le même temps à Paris, leur enleva cet ouvrage. Mais dans la correspondance d' Anisson avec Du Gange, qui existe à la Bibliothèque Nationale, on voit percer l'animosité des imprimeurs-libraires de Paris contre Anisson, qui voulait transporter son imprimerie à Paris. Faute de caractères grecs en quantité sufûsante, l'ouvrage de Du Gange éprouva souvent des retards ; l'appendice fut même imprimé à Paris par Cramoisy , vu la difficulté de pouvoir l'exécuter à Lyon.
1683. Boudot (Jean ) , auteur du Diction' naire Latin-Français qui porte son nom, est reçu libraire.
1683. Guérin (Louis) est reçu libraire; il est nommé syndic en 1705.
1684. D*Houry ( Laurent ), est reçu libraire en 1678, et imprimeur en 1712. 11 commence VAlmanach, qui , présenté à Louis XIY en 1699, s'est continué jusqu'à nos jours.
1686. Édit du mois d'août :
Art. 37. Né pourront lesdits compagnons laisser l'ouvrage commencé , sinon du consentement du maître qui les aura employés, à peine de vingt livres d^amende , et des dommages et intérêts du maître.
Art. 39. Des compagnons imprimeurs et libraires ne pourront parvenir à la maîtrise qu'après avoir servi les maîtres trois années, depuis leur apprentissage achevé.
Art. 43. Il ne sera reçu aucun imprimeur jusqu'à ce qu'ils soient réduits au nombre de trentesix. Cet édit désigne les villes où il y aura un imprimeur, et celles qui pourront en avoir plusieurs : ainsi à Rouen dix-huit (i) ; à Strasbourg et à Marseille, six pour chacune.
Art. 47. Les correcteurs sont tenus de bien et soigneusement corriger les livres, et au cas que par leur faute il y ait obligation de réimprimer les feuilles qui leur auront été données pour corriger, elles seront réimprimées aux dépens des correcteurs.
(i) L'arrêt du si mars i738 réduit & douze le nom* bre des imprimeurs pour Rouen.
On toléra l'existence viagère des Imprimeurs qu* existaient ; en sorte qu'en 1687 11 y avait encore cinquante-sept imprimeurs à Paris.
Geax des libraires qui ne seront actaellement i Imprimeurs ne pourront d-aprés en faire profession, tenir aucune imprimerie, ni même se présenter pour remplir les places des imprimeurs qui seraient vacantes, lesquelles seraient remplies par les fils des imprimeurs, s*ils se trouvent avoir les qualités requises, ou par ceux qui auront fait apprentissage cliez les maîtres imprimeurs.
Les fils et gendres ne pourront succéder à leur père et l)eatt-père qu*autant qu*il leur sera reconnu un mérite égal à d'autres sqjets, et la preuve du mérite égal sera établie par un procès-verbal dressé en présence du lieutenant général de la police, par les syndics, adljolpts et examinateurs.
1686. Édit du mois de septembre :
« La communauté des maîtres relieurs et doreurs sera à Tavenir entièrement distincte et séparée de la communauté des libraires et imprimeurs. >
1686. Jombert (Jean 1^'^), gendre de Jean D^Houry , est reçu libraire. Son 61s Claude lui succède en 1700.
1686. £dit du mois d'août obligeant les imprimeurs, conformément aux arrêts du 8 août 1600 et autres arrêts et ordonnances, de n'avoir boutique ou magasin que dans le quartier de l'Université. C'est-à-dire depuis le pont Saint-Michel jusqu'à la rue Dauphine , le quai Malaquais jusqu'aux pavillons du collège Mazarin , en remontant par la rue de la Huchette , jusqu'à la rue du Fouarre , la rue Galande, Piace-Maubert , rue Saint- Victor, quai de la Tournelie depuis la rue des Bernardins jusqu^à la porte Saint-Bernard , la montagne Sainte-Geneyièye, la rue Sainl-Ëticnne du Mont, la rue des Grés, la rue Saint- Jacques jusqu'aux Jacobins, la rue des Cordiers , la place Sorbonne> la rue de la Harpe, la rue des Gordeliers, la rue Saint-André des Arts.
1686. Louis XIV fait imprimer au Louvre diverses éditions remarquables par la beauté de leur exécution : le Nouveau Testament en grec; Térence, Horace, Virgile, Juvénal et Salluste,
1687. Coignard II (Jean Baptiste), libraire, est reçu imprimeur, puis nommé syndic de la chambre en 1729.
1 69 1 . Jean Anisson, imprimeur à Lyon, où il avait imprimé le Glossarium médias et in' fimœ Graecitatis de Du Cange, vient s^élablir à Paris, et est reçu imprimeur le 26 janvier 1691.
1693. Louis XIV fait graver de nouveaux types pour Tlmprimerie Royale. L'Académie des Sciences, consultée à cet effet, nomme plusieurs de ses membres pour donner le mo< dèle des lettres. Philippe Gran jean , premier graveur du roi en titre à l'Imprimerie Royale, est cliargé de l'exécution. Alexandre lui suc* céda. Le troisième graveur du roi était Luce, qui vivait encore en 1766.
1693. Mariette (Denys), graveur et marchand d'estampes, est reçu libraire.
1694. Thiboust(Claude'Lottis),éeBMDdaaii d'une famille d'imprimeurs, dont le chef, Guillaume Thiboust, graveur et fondeur en caractères, était imprimeur de TUniversité en 1554, fut reçu imprimeur-libraire en 1694. Il était maître ès-arts dès 1685, et, comme son bisaïeul, graveur et fondeur en caractères et imprimeur de l'Université. L'acte qui lui confère ce titre porte : Qui, contra quam cxteri lihrarii soient, plus in arte sua nominis ac famœ quam divitiarum sibi suisque cornpar are studuerint. Il possédait très -bien les langues grecque et latine, et composa un poème latin de Typographiœ Excellenlia, 1718, in-8", dont il avait présenté un essai in-4* dès 1699 à l'Académie des Sciences, en lui demandant que les typographes y fussent admis. En 1789 on voyait encore rue du Four, à l'entrée de la salle où se faisait la visite des livres, ces quatre vers de C. H. Thiboust :
BlBLIOTHEORIA.
Quos Ilic prxflctunt praetores, rcgia servant
Mandata, ut Tlgeat relllgionls amor.
Chnrta ttme prava interdlctave ; Lydlus auruin
Ut lapis, hœc Ubros sic domus cqua probat.
1694. La première édition du Dictionnaire de l'Académie Française, 2 vol. in-f<^, parait chez Pierre le Petit, imprimeur de l'Académie Française, imprimeur ordinaire du roi. Dans cette édition les mots sont rangés par familles. La préface et la dédicace sont de Fr. Charpentier.
La seconde édition , à la rédaction de laquelle l'abbé Régnier Desmarest eut beaucoup de part, parut en 1718 aussi en 2 vol.
in-P. VÉpitre dédicatoire est composée par l'abbé Massieu.
La troisième est de 1740.
La quatrième, imprimée en 1762, fut en par^ tie rédigée par Duclos.
La cinquième édition, que l'Académie a désavouée bien qu'elle ait été exécutée d'après les matériaux préparés par les divers seci'étaires, fut imprimée à la hâte chez Smith, en l'an VU (i 798). Lors de la suppression des Académies, la république s'empara révolution nairement des divers matériaux, et les fl coordonner par l'abbé Selis, ensuite par l'abbé de Vauxelles et par M. Gence. Le Discours préliminaire est de Dom. Jos. Garât.
La sixième et dernière édition parut en 1835, chez MM. Firmin Didot père et fils, imprimeurs de l'Institut ( titre que M. Firmin Didot avait acquis en 1811 de la Veuve Baudouin).
La préface est de M. Villemain. Cette édition diffère considérablement des précédentes L'Académie Française, tout en bornant son Dictionnaire aux mots de la langue littéraire et usuelle, a cependant élargi le cadre dans lequel elle avait cru jusque alors devoir restreindre son Dictionnaire, qui u'admei
que \ei mots consacrés par fusage et ceax , en petit nombre, qui^ créés pour de» besoins nouveaux et conformément au génie de la langue, ne sauraient être éphémères.
La révision en avait été successivement confiée à MM. les secrétaires perpétuels Marmontel» Suardy Raynouard, Auger, Amault, Andrieux, enfin M. Villemain, dernier secrétaire perpétuel de l'Académie Française. Tous y ont consacré un temps considérable, et aucun mot n'a été imprimé qu'après discussion approfondie en séaçce générale de l'Académie Française.
Les membres des diverses Académies ( des Sciences, des Inscriptions et Belles-Lettres, des Beaux-Arts) furent consultés pour les articles qui concernaient plus particulièrement les diverses branches des connaissances humaines dont le faisceau constitue Plnstitut de France.
En 1845 MM. Firmin Didot frères publièrent, sous le litre de Complément du Dictionnaire de r Académie Française, un vaste répertoire où sont réunis tous les termes spéciaux , au nombre de plus de cent mUle, que n'avait pas admis l'Académie Française. Cet immense travail , exécuté par le concours de vingt membres de l'Université ou de diverses Académies, qui s'étaient chargés chacun d'une des branches des connaissances humaines auxquelles ils ayaient plus particulièrement consacré leurs études , a été revu et coordonné par M. Droz, membre de l' Académie Française, qui avec Andrieux, secrétaire perpétuel de l'Académie Française, concoururent par un travail constant de plusieurs années à l'achèvement de la dernière édition du Dictionnaire de r Académie Française.
1 694. Brunet (Jean) est reçu libraire. Trois autres familles de ce nom ont exercé la librairie à Paris. M. Jacques-Charles Brunet, savant et infatigable bibliographe, auteur du Manuel du Libraire, dont la quatrième édition, en 6 vol. in-8°, a paru eu 1842, descend de celle-ci.
1694. Extrait du Journal manuscrit d'Ant.
Briineau, avocat. « Le vendredi 19 novembre, sur les six heures du soir, par sentence de M. de la Reynie , lieutenant de police au souverain, furent pendus à la Grève (l) un compagnon imprimeur de la veuve Charmot, rue delà Yieille-Bouclerie, nommé Rambault, de Lyon, et un garçon relieur de chez Bourdon, bedeau de la communauté des libraires , nommé Larcher. .., et sursis au jugement de cinq autres jusque après l'exécution. Les deux pendus ayant
(1 } Lorsque le sa mars isito, duns la séance da conseil municipal, Je votai poar l'érection de la statue de M. de la Reynie dans une des niche» de l'bôtel de ville de Paris sur la façade même de la Grève, J'Ignorais ce fait, qui accuse en ce magistrat, à qui la ville de Paris est redevable de plusieurs Institutions très-utiles, une sévérité cruelle , et, ce qui est pire, une complaisance coupable pour les faiblesses de son maître.