‹ Histoire de la typographieChapitre 15 sur 17 · ET CLANDESTINES · texte numérisé non relu

ET CLANDESTINES

Il a existé en France , avant la Révolution , des imprimeries particulières,, d'où sortirent des ouvrages ordinairement tirés à petit nombre. En voici la liste curieuse :

Imprimerie du monastère Saint-Denis (1S71). Elle existait dans l'intérieur de ce monastère, situé à Paris, rue de l'Amandier.

Imprimerie du cardinal du Perron. Elle fut établie à Bagnole t en 1600 ; le cardinal y faisait imprimer ses ouvrages, dont il était lui-même le correcteur : les éditions qui en sortaient, tirées à petit nombre , étaient destinées aux amis de l'auteur. Il recueillait leurs avis, et ensuite il faisait imprimer en nombre, soit à

Paris , soit ailleurs , les mêmes ouvrages pour les livrer au public.

Imprimerie de M. Savary de Brèves. Paris, 1615. Étant ambassadeur du Roi Très Chrétien près la Sublime Porte, M. de Brèves fit graver à Cons tan tinople des poinçons arabes, turcs, syriaques , etc. Il fut ensuite envoyé à Rome, où il fit imprimer deux ouvrages en arabe. En revenant à Paris, il amena un imprimeur de Rome nommé Paulin, qui imprima en français el en turc le Traité fait entre Henri IV et le sultan Achmed. De cette imprimerie particulière, qui s'intitulait Typographia Savardiana, sont sortis quelques ouvrages importants.

Imprimerie du vicomte de Liigny, en son château de Lugny près d'Autun, vers 1617. Il y fit imprimer, in-folio, les Mémoires de Gaspard et de Guillaume de Saulx de Tavannes, son père et son frère aîné, estimant que la franchise de leurs confidences Historiques demandait cette clandestinité. :

Imprimerie de Sully , établie, vers 1630j au château de Sully dans TOrléanais. Il y fut imprimé une édition des Œconomies royales de Sully, en 2 volumes infolio.

Imprimerie du cardinal de Richelieu y établie, en 1640, à Richelieu. Elle coûta 36,000 livres. On ne cite aucun ouvrage sorti de cette imprimerie du vivant de son fondateur.

Imprimerie du roi Louis XV, établie en 1718 aux

HISTOIRE DE LA TYPOGRAPHIE i57

Tuileries. On en vit sortir : Cou7's des principaux fleuves et invières de l'Europe, composé et imprimé par Louis XV, dans l'imprimerie du Cabinet de Sa Majesté, dirigée par J. CoUombat, 1718, in-S**.

Imprimerie du marquis de Lassay, en son château de Lassay, 1727.

Imprimerie du duc rf^i4?^wî7/o«, établie, en 173S, dans sa terre de Verdet, en Touraine.

Imprimerie de Madame la Dauphine, 17S8, à Versailles : Élévation du cœur à N. S. L-C, par rapport à la sainte Communion, imprimée de la main de Madame la Dauphine (mère de Sa Majesté), 17S8, in-16.

Imprimerie d'Aguesseau, au château de Fresnes. Le petit-fils du chancelier, membre de l'Académie française, fit imprimer à Fresnes, en 1768, un livre composé par son grand -père pour l'usage de ses enfants. Le chancelier y fit imprimer à un petit nombre d'exemplaires un livre qui contenait l'éloge de son propre père, le conseiller d'État d'Aguesseau. On n'en lira que douze exemplaires.

Imprimerie de Monseigneur le duc de Bourgogne , Versailles, 1760 : Prière à l'usage des Enfants de France, in-12.

Imprimerie de la marquise de Pompadoiir, 1760, Versailles : Rodogune, princesse des Partîtes; Au Nord, 1760, in-4% avec une figure d'après le dessin de Boucher , gravée par madame de Pompadour ellemême.

Imprimerie du Dauphin [Louis XVI) ^ au château de Versailles, 1766. Il en sortit un livre intitulé Maximes morales et politiques, tirées de Télémaqiie, imprimées par Louis-Auguste, Dauphin, in-S**.

Imprimerie de M. Franklin, Passy, 1782. Le célèbre Franklin fit imprimer dans sa maison de Passy un ouvrage intitulé Petit Code de la raison humaine, in-24.

Imprimerie des enfants aveugles, établie par Haûy, 1786. Deux ouvrages.

Il existe de plus quantité de livres qui portent l'indication d'imprimeries imaginaires. Plusieurs bibliographes, entre autres M. Gustave Brunet, leur ont consacré des études spéciales.

On a connu, de 1614 à 1756, sept imprimeries clandestines à Paris, lesquelles se distinguèrent des imprimeries particulières en ce qu'elles répandaient leurs productions dans le public , tandis que les imprimeries particulières travaillaient exclusivement pour l'agrément personnel de leurs propriétaires.

Voici la liste de ces sept imprinieries clandestines:

1** Imprimerie des Jésuites, au collège de Clermont (aujourd'hui Louis-le-Grand), 1614.

2° Imprimerie de Mo7itreuil pour M, Fouquet, lorsque le surintendant était emprisonné à la Bastille, 1663.

3® Imprimerie des Nouvelles ecclésiastiques, de 1728 à 1789.

4° Imprimerie du Supplément des Nouvelles ecclé-

siastiqueSj concurrence de la précédente, de 1733 à

^"^ Imprimerie de la rue des Oiseaux , au Marais,

6* Imprimerie de la rue du Plâtre - Saint- Avoy e ,

7** Imprimerie d'Arcueil, 1756.

PETIT YOGABULAIRE

Addition ou Manchette. Note marginale, comme on en trouve surtout dans les vieux livres.

Belle page. Lorsqu'un chapitre finit sans occuper toute la page, et qu'on laisse la fin de cette page en blanc pour ne recommencer le chapitre nouveau qu'en tête de la page suivante, on appelle cela commencer en page. Pour les éditions de luxe, on fait plus. Si le chapitre finit sur une page impaire, c'est-à-dire au recto, on laisse le verso en blanc, et on recommence le chapitre suivant à la prochaine page impaire ; c'est ce qu'on appelle commencer en belle page.

Bon a tirer. C'est l'avant-dernière épreuve ; elle est assez satisfaisante pour que l'auteur ou l'éditeur puisse autoriser l'impression par les mots ; Bon à tirer, avec sa signature.

Bourdon. Les ouvriers appellent faire un bourdon, l'oubli de composer tout ou partie d'une phrase. Cette faute se répare en intercalant le fragment oublié et en remaniant la suite jusqu'au bout.

Conscience. Par une figure qui n'est pas sans grâce,

on appelle homme en conscience ou de conscience Vonvrier qui travaille à la journée, et qui, par conséquent, pourrait, s'il n'était consciencieux, ne travailler qu'à son aise.

Copie. Manuscrit des ouvrages livrés à la composition; lorsqu'il s'agit d'une réimpression, l'exemplaire imprimé sur lequel on compose s'appelle également copie.

Coquille. Lorsque le compositeur distribue et qu'il jette par distraction une lettre dans un cassetin étranger, cela s'appelle faire une coquille. Lorsqu'il composera, il se trouvera nécessairement dans son travail une lettre pour une autre. C'est encore une coquille.

Correction. Pour les signes usuels au moyen desquels on indique les corrections sur les épreuves, voir le tableau ci-contre.

Décharge. Lorsqu'après un tirage déjà long une forme s'empâte, on l'essuie en tirant quelques feuilles sans mettre d'encre. Ces feuilles, pâles et non margées, s'appellent des décharges.

Décognoir. Morceau de buis rond ou carré, terminé en lame obtuse, et qui sert à retirer les coins lorsqu'on veut desserrer une forme.

Deleatur. Mot latin qui s'abrège ainsi : di) pour indiquer qu'une lettre doit être retranchée.

Distribuer. Replacer une à une dans leurs cassetîns respectifs les lettres qui composaient les formes tirées, et qui vont servir à en composer de nouvelles.

Division. Les compositeurs appellent ainsi, et avec juste raison, le trait d'union qui sert à diviser un mot, lorsque ce mot n'entre pas tout entier dans une ligne.

Doublon. Faute de l'ouvrier qui compose deux fois le même mot ou la même phrase.

Faux titre. C'est le titre de l'ouvrage placé au milieu

Page 1