‹ Histoire de la vénérable mère Madeleine-Sophie BaratChapitre 11 sur 236 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

Aujourd'hui de nouveaux signes de cette sainteté éminente ont changé ce souvenir en une sorte de culte. A peine Mmo Barat avait -elle disparu qu'on étudiait sa vie: on s'attachait à ses traces, on recueillait ses paroles, on retrouvait son âme dans d'innombrables lettres qui la faisaient revivre. La piété filiale entourait déjà sa tombe, et consacrait religieusement tout ce qui venait d'elle. Des grâces multipliées, des bienfaits de tout ordre, des interventions extraordinaires redoublèrent la confiance. L'Église s'en émut alors. Elle se demanda si cette lueur blanchissante à l'horizon n'était pas le lever d'un de ces astres bienfaisants que Dieu, dit l'Écriture, a placés dans le ciel pour éclairer la terre 1 . Et voici que , procédant aux premières informations , elle a commencé de recueillir, à Paris et à Rome , les plus précieux témoignages , en attendant qu'un jour il lui plaise de composer, de tous ces rayons épars, une auréole de sainte pour l'épouse de Jésus-Christ.

Grâces soient donc à Dieu ! Notre siècle si égaré n'est pas déshérité de la première de toutes les gloires : celle de produire des saints. Le Père de Condren , qui vivait à l'époque si épouvantable des guerres de religion et à la veille de la Fronde , estimait néanmoins que « le nombre des saints de son temps, quoique plus cachés, égalait celui des premiers siècles du christianisme' ». Sans doute on n'oserait guère en dire autant du nôtre, tant sont bruyants parmi nous les scandales de l'irréligion, tant semble universel et irrésistible le triomphe des méchants ! Et cependant , si , repassant les trois premiers quarts de

1 « Posuit stellas in firmamento ut lucerent super terrain. » (Geu. i, 17.)

2 Cloysault, Vies mss., t. I. Vie du P. de Condren , liv. VII , pp. 307, 308. Cité dans la Vie de M. Olier, t. I, p. 126.

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