‹ Histoire de la vénérable mère Madeleine-Sophie BaratChapitre 126 sur 236 · VICTOIRE DU SACRÉ -COEUR · texte numérisé non relu

VICTOIRE DU SACRÉ -COEUR

furent nommées assistantes. Mmos Desmarquest, Geoffroy, Eugénie de Gramont furent ensuite élues conseillères générales. La mère Bigeu reçut de plus les fonctions d'admonitrice de la supérieure; la mère de Gharbonnel, celles d'économe générale; enfin la mère Duchesne, investie de la charge de secrétaire générale, se réjouit d'un emploi qui la fixait désormais auprès de Mme Barat. Telles sont les sept colonnes que Dieu choisit à cette époque pour porter l'édifice de la Société.

Le lendemain 13, le conseil se rendit dans la chapelle des Récollets de la rue de Grenelle. C'était une simple chambre; l'autel était dressé au fond d'une alcôve; à droite et à gauche, on remarquait les portraits de saint Pierre et de saint Paul. C'est dans cet oratoire que le nouveau supérieur général délégué, M. l'abbé Perreau, célébra le saint sacrifice, et reçut les engagements de chacune des mères, a Ce lo décembre 1815, dit Mme Duchesne, fut donc un renouvellement pour notre Société, qui avait toujours désiré d'appartenir de nom et d'effet au sacré Cœur de Jésus. Cette journée se passa dans une sainte allégresse. »

Deux jours après, i\Iffie Barat adressa à toutes ses maisons une lettre dans laquelle elle faisait ressortir la victoire obtenue par le sacré Cœur dans la Constitution de la Société. « Tout le reste fût-il semblable entre nous et l'essai qu'on a tenté à Borne, faisait-elle observer, il resterait encore une différence essentielle, c'est que le principe sur lequel notre Société est fondée est la dévotion au sacré Cœur de Jésus; et qu'elle doit être tellement dévouée à la gloire et au culte de ce divin Cœur que tous ses travaux et fonctions se rapportent à Lui, comme à leur dernière fin... »

Rappelant alors les souvenirs qui, de tout temps, avaient

consacré sa famille à ce grand objet : « Cette fin, ajoutaitelle, est cel!e que Dieu s'est plu à manifester dès l'origine de notre Société; et si les temps orageux où elle a commencé en France ne nous ont pas permis de faire profession ouverte de la consécration à ce Cœur adorable, jamais cependant elle n'eut d'autre but que celui-là. C'est en le poursuivant que, peut-être, mériterons-nous un jour d'obtenir du Souverain Pontife une approbation qui mettra enfin le comble à notre bonheur1. »

Les conseillères quittèrent Paris dans les premières semaines de 1815. Bientôt Mme Barat apprit que toutes ses maisons avaient reçu les règles comme la parole de Dieu môme; et que, de plus, à Grenoble, à Poitiers et à Niort , l'autorité épiscopale les avait revêtues de l'approbation la plus explicite.

Il n'y avait qu'Amiens qui donnât des inquiétudes. Toutefois la lumière s'était déjà faite dans l'esprit de Mme Eugénie de Gramont, qu'avait entièrement conquise la clémente charité de Mme Barat. Sa prudence fit le reste.

Le 23 janvier, la mère générale se rendit à Amiens. Elle commença par s'assurer l'appui de l'évêque, M^ de Demandolx. Mais le secours sur lequel elle comptait avant tout était celui de Dieu. « Je sens, disait-elle, que je ne suis qu'un instrument entre les mains du Seigneur. C'est pour n'avoir pas d'obstacle à ses desseins que le Tout- Puissant s'est servi d'un instrument si pauvre. Il voulait que rien dans son ouvrage ne fût de la main de l'homme. Dieu fera lui-même son œuvre, je n'ai qu'à le laisser agir2. »

1 Lettres circulaires, t. I, n° 1. — Paris, 18 décembre 1815.

2 Amiens, 16 février, à la mère Adrienne Michel.

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