‹ Histoire de la vénérable mère Madeleine-Sophie BaratChapitre 135 sur 236 · LE NOVICIAT GÉNÉRAL 3J · texte numérisé non relu

LE NOVICIAT GÉNÉRAL 3J

■Ma dont il était rempli. « I| . paru dans SQn d écrivait M- Duchesne, qu'il a reçu un grand ^ohsel ment de grâces, en faisant son sacrifice, car il était tout pénétré de l'esprit de Dieu et de l'amour du Cœur de Jésus II nous a saluées de l'autel pour la première fois de ce beau nom de Sacré-Cœur, et beaucoup pleuraient II a passé par de rudes et cruelles épreuves, et sera plus dispose encore à remplir „ne charge dont il était déjà digne '. » J

Quelques-uns des entretiens qu'il fit dans ces annéesla ont été recueillis, du moins en substance : ce sont des jets de flamme. Le i- jour de l'année 1817 représentant l'obéissance de Jésus-Christ à son Père comme le modèle de l'obéissance religieuse, il termina par un mot qm devint le mot d'ordre de tous les sacrifices dans la Société : « Considérez Jésus victime volontaire, entendez-le répondre au Père éternel qui demande une hostie pour a rédemption du monde: Oui, mon Père; «a, JW. Voilà notre réponse. - Oui, mon Père, dirons-nous partout et toujours. Heureuse, mille fois heureuse l'âme qu. s est établie solidement dans ce grand oui! à chaque immolation qui lui sera présentée, elle répétera : Oui mon Père. Enfin à la dernière heure, entendant la voix du Scgneur qui la rappelle, elle répondra encore : Oui' oui I Ita, Pater; et ce mot sera celui de toute son éternité « » Le nov.cat aspirait à mettre en œuvre ces leçons de generos.te, dans le ministère des âmes. De nouvelles fondations s'offraient à la mère générale. Pressée d'accepter la direction de la maison royale de Saint-Denis, elle avait refuse. Elle fut plus favorable aux propositions de Mr de

1 Paris, 37 juillet 1816.- ! Journal de Paris, p. 33.

Crouzeilles, évêque de Quimper, et, dans les premiers jours de mars 1817, elle chargea Mme Bigeu de conduire dans cette ville une colonie composée de plusieurs professes et novices de sa maison de Paris.

a La veille du départ, notre mère nous réunit, raconte une de celles qui en firent partie. Elle nous parla du bonheur que nous allions avoir de former des adoratrices au sacré Cœur de Jésus. Elle insista beaucoup sur la bonté de Dieu, qui, en daignant nous confier Je salut des âmes, nous rendait dépositaires de ses plus chers intérêts. Le dévouement aux devoirs de notre vocation, l'esprit de renoncement, l'humilité nécessaires en une œuvre toute de Dieu, et où nous n'étions pour rien, furent le sujet de son petit discours. Elle le finit en nous demandant, au nom de Jésus-Christ, la fidélité à nos Constitutions, que nous lui promîmes dans nos cœurs. Elle nous bénit ensuite. Le lendemain , nous étant réunies à la chapelle, nous nous arrachâmes fort émues des bras de nos mères et de nos sœurs, et la voiture nous emporta loin de Paris. »

Ce fut seulement le 15 mars, douze jours après le départ, que les voyageuses parvinrent à leur destination. Le 5 avril, jour de Pâques, à la récréation, Mme Barat réunit ses filles pour leur lire le voyage de leurs sœurs. On y dénonçait quelques instants de défaillance dans Mme Aude, cœur d'enfant par nature, qui devait devenir un cœur de héros par la grâce. Il y avait si loin de Moutiers à Quimper 1 Et la basse Bretagne lui rappelait si peu la Savoie et rita~ lie, chères à son souvenir! On citait de belles paroles de Mm6 Bigeu. Les voyageuses ayant tremblé dans la petite traversée d'IIennebon à Lorient, à l'embouchure du Blavet, cette mère leur montra le soleil qui se couchait en feu à

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