‹ Histoire de la vénérable mère Madeleine-Sophie BaratChapitre 14 sur 236 · INTRODUCTION XXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXI

lui et par lui : tel est le principe, le modèle, le secours et le prix des commandements qu'elle donne, des vertus qu'elle prescrit, des devoirs qu'elle impose. Et que peuton refuser à l'amour qui demande? De là cette allégresse qui rayonne de la direction de Mme Barat; de là aussi, dans ses filles, cette généreuse aisance à souffrir et à mourir, qui est bien un des plus beaux spectacles de ce livre. Mais elle n'est pas seulement le ministre de ce Cœur, elle-même le représente dans toute sa personne, et son autorité a pris pour première règle la parole du Maître : Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur. Dans ces dispositions, elle régit sa Société, comme Dieu régit le monde, par l'attraction. Moins supérieure que mère, elle obtient l'empire des âmes en les aimant et en les respectant. Et quel respect religieux! Qui eut jamais le toucher moral plus délicat et le commandement plus aimable? Là réside sa puissance. Attirés , entraînés « par ces liens de charité », comme s'exprime le Prophète , les cœurs lui sont conquis. Chacun veut la voir, l'entendre, recevoir une ligne d'elle, un regard, un sourire, une bénédiction; rien ensuite ne coûtera plus. Sur une parole, un signe, on sera prêt, s'il le faut, à traverser les mers ; on gravira joyeusement les âpres sentiers de la vie : car « l'amour ne marche pas, il vole », dit le livre de l'Imitation. Tel est l'essor qu'imprime la conduite spirituelle de Mme Barat, tel est l'esprit de cette mère dont on est tenté de dire, d'après le Père Faber : « Je ne prétends pas qu'il soit aisé d'être saint; mais je dis que les saints sont les maîtres les plus faciles , parce qu'ils ressemblent plus à Jésus que les autres hommes1.»

1 Le Père Faber, Tout pour Jésus , eh. vi, § 4, p. 178.

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