PIE VII BÉNIT LA MISSION
seulement à celles qui sont déjà parties, mais encore à celles qui se disposeraient à partir». »
Par cette lettre, M™ Duchesne recevait la plus grande des consolations que puisse ambitionner une âme catholique : l'assurance qu'elle travaille et souffre en union avec l'Eglise romaine. « Que de douces larmes, répondit-elle, ont coulé de mes yeux en voyant le Souverain Pontife ajouter son autorité et sa bénédiction à tant d'autres signes de la volonté de Dieu sur notre entreprise. Demain nous chanterons le Te Deum, et on dira une messe d'action de grâces2. » Mais il est temps maintenant de reprendre notre récit, et de revenir en France, auprès de M- Barat. Aussi bien ce serait une autre histoire que celle des premières origines du Sacré-Cœur en Amérique: histoire dramatique , toute semée de prodiges, et dont l'héroïne , pendant trentequatre ans, serait M™ Duchesne ». Nous ne nous laisserons plus entraîner désormais à la raconter avec autant de détails; mais nous devrons, du moins, en reprendre de temps en temps la trame, inséparable du tissu de la vie de la mère Barat. C'est elle, en effet, c'est cette sainte mère qui est l'âme de ces missions; c'est d'elle principalement que partent l'inspiration et l'initiative de ces entreprises. C'est vers elle aussi que reviennent les prières, les joies et les tristesses de « sa plus chère famille », ainsi qu'elle la nommait. Mais elle-même ne règne ainsi, doucement, fortement, universellement, que parce que Dieu règne en elle. Le Cœur de Jésus est l'astre dont l'action, toujours présente à l'un et à l'autre rivage, les relie l'un à l'autre, comme par un flux et reflux perpétuel d'obéissance et d'amour.
1 Le cardinal Litta à M. Perreau, 3 avril 1818.
2 Saint -Charles, 8 octobre 1S18.
3 Voir Uutoire de M™ Duchesne, liv. IV. La mission.