‹ Histoire de la vénérable mère Madeleine-Sophie BaratChapitre 165 sur 236 · IIDITCATION OEUVRE DE SAINTETÉ · texte numérisé non relu

IIDITCATION OEUVRE DE SAINTETÉ

lions qui, même après celles-là, ont encore leur importance; il dressa un plan d'études, fit un règlement pour les pensionnats, s'occupa de la rédaction d'un cérémonial, et ajouta à l'ensemble des Constitutions le Sommaire des règles que le Père Varin venait de rédiger dans la rétraite. L'Institut fit aussi le compte de ses richesses : trois cent quatre-vingt-trois personnes avaient été gratuitement reçues par le Sacré-Cœur : quelle fortune! « Que la Providence est donc admirable dans ses dons, écrit la charitable mère de Gramont d'Aster, en établissant ce fait, et quelle bénédiction de Dieu sur la Société! » Les écoles gratuites étaient pour le Sacré-Cœur un autre genre de trésor : on en multiplia le nombre. La maison de Paris n'en avait pas encore; mais pour y suppléer on avait soin de faire venir, plusieurs fois la semaine, des familles indigentes que maîtresses et élèves se partageaient l'honneur de servir.

Après l'amour des pauvres, l'amour de la pauvreté semble avoir été le principal attrait et l'inclination de cette assemblée. « Pauvreté, simplicité, humilité, abjection, disait le Père Yarin, tels sont les profonds rapports que votre Société doit avoir avec le Cœur de votre Maître. Sa première fondation, à Lui, fut une étable, et la première place du fondateur, une crèche. C'est dans la pauvreté qu'il a établi son Eglise, c'est dans la pauvreté qu'il vous a établies vous-mêmes: vous ne subsisterez que par là. » Alors, diversifiant les règles de conduite à suivre à cet égard, le Père Varin expliquait que pour Dieu et son culte, la religion voulait qu'on n'eût rien de trop beau; que pour le prochain, les parents et les élèves, la charité demandait que tout fût digne et décent; mais, « pour vous, mes sœurs, votre personne, votre table, votre logement, votra

vêtement, il faut que tout soit pauvre, pauvre! » répétait le fondateur, faisant retentir ce mot aux oreilles des mères, comme un refrain héroïque ; et il citait à l'appui cette parole de saint Ignace : « S'il faut changer quelque chose au vœu de pauvreté, que ce soit pour en rendre l'observance plus stricte. »

Ce qui donnait à ces leçons une opportunité toute particulière, c'est que, dans ce moment même, le Sacré-Cœur faisait une riche acquisition, qui allait le placer très en vue dans le monde.

Cinquante-huit religieuses ou novices encombraient, en cette année 1820, les chambres et les greniers de la petite maison de la rue de l'Arbalète. L'espace manquait aussi aux soixante pensionnaires de la rue des Postes : on en refusait de nouvelles. Dès la première séance, le Conseil général proposa la translation de l'établissement dans une autre maison. Tout en la voulant grande, Mme Barat la voulait simple; aussi ne fut-ce qu'après d'inutiles recherches, de longues hésitations, et en se faisant une pénible violence à elle-même, qu'elle consentit à Tachât de l'hôtel Biron.

Sur la rive gauche de la Seine , dans un quartier soliaire qui, du temps de Henri IV, était encore en dehors de Paris, s'étendaient de vastes espaces qui jadis relevaient de la mense abbatiale de Saint-Germain-des-Prés. Dans une partie de ces espaces, Louis XIV avait élevé l'hôtel des Invalides, son esplanade et ses jardins. Près de là, le sieur de Moras, conseiller du roi Louis XV en ses conseils, ayant acquis un grand domaine d'une dizaine d'arpents, s'étendant de la rue de Babylone à la rue deVarennes, y avait fait construire, sur cette dernière rue, un hôtel de grand style.

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