‹ Histoire de la vénérable mère Madeleine-Sophie BaratChapitre 173 sur 236 · FONDATIONS K BESANÇON ET A TURIN · texte numérisé non relu

FONDATIONS K BESANÇON ET A TURIN

y eût travaillé que Dieu seul : « Disons do.nc, concluaitelle, que cette petite Société est son œuvre. Que de raisons pour nous d'en être persuadées M » La mère de Penaranda devint bientôt supérieure de la maison de Beauvais.

Plaçons encore ici, pour n'avoir pas à y revenir, les fondations de Besançon, de Turin, de Metz et de Bordeaux.

Celle de Besançon s'opéra en 1823. M** de Pressigny l'avait vivement désirée. Un jeune conseiller à la cour royale de celte ville, M. Charles de Tinseau, vint à Paris en conférer avec la mère Barat. Le legs d'une pieuse dame, Mm0 de Mesmay, joint à une souscription ouverte dans le diocèse, permit d'acheter l'Hôtel du gouvernement, belle maison du xvi° siècle, bâtie par le cardinal de Granvelle, et dont la mère de Charbonnel vint prendre possession le 21 juillet, fête de saint Ignace. A quelques mois de là , la mère générale y envoya comme supérieure Mm0 de Rozeville, à qui elle adressa, le 4 janvier 1824, de précieux avis qui se terminent ainsi : « Que votre confiance en Jésus soit sans bornes. Tous les jours, à vêpres, la bénédiction de votre mère s'étendra sur vous et sur votre famille. »

La fondation de Turin fut due au zèle pieux du roi Charles-Félix, de la reine Marie-Christine, et d'une femme dont le nom rappelle toutes les vertus, la marquise de Barol. Un ancien et beau couvent, entouré de grands cloîtres, nommé le Crucifix, fut cédé au Sacré-Cœur; et le 23 août 1823, Mmo Bigeu y installa une colonie, au grand contentement de la cour et de la ville. Il est vrai que cette mère eut pendant quelque temps à souffrir des préventions du vénérable archevêque, M8* Colombano Chiaverotti.

i a Mm8 Prévost, 24 janvier 1823

Ancien camaldule, il ne reconnaissait de véritables religieuses que les religieuses cloîtrées ; puis tout ce qui venait de France était suspect à ses yeux. Cela fit qu'il s'obstina à laisser sans aumônier les élèves et les sœurs, auxquelles il permit toutefois de garder Notre -Seigneur dans leur tabernacle, « Que voulez-vous de plus? disait la mère Bijeu à sa communauté. Celui-là suffit, il tient lieu de tout le reste. »

A Metz, les religieuses d'une petite congrégation, du nom de Sainte-Sophie, conjuraient le Sacré-Cœur de rendre à leur Société une vie près de s'éteindre. Cette fois la mère générale hésita : tant de fondations commençaient à l'effrayer. « Nous n'avançons que forcées, écrivait- elle alors; c'est à ce signe que nous connaissons la volonté de Dieu. » Ayant fait part de ses appréhensions au Père Varin, ce Père l'encouragea à se confier en Dieu : « Je sens bien, ma chère mère, qu'il y a de quoi s'effrayer de cette dilatation trop rapide de votre Société. Mais d'un autre côté il me semble que vous aurez toujours une réponse toute prête à donner à Notre-Seigneur : Mais, Seigneur, c'est vous, c'est votre Providence qui paraissait nous pousser, et qui nous forçait la main1. » Dix-huit dames de Sainte -Sophie furent admises à recevoir l'habit de l'Institut. La maison qu'elles occupaient avait été, disait-on, sanctifiée autrefois par la présence de sainte Colette. Le Sacré-Cœur l'habita environ cinquante ans, jusqu'à ce que la guerre nous ayant enlevé Metz, les nouveaux maîtres en chassèrent les pacifiques religieuses. Leur crime, selon les termes du rapport officiel, était « de travailler à la déification du Pape et de la France », ou

1 Dole. 25 novembre 1823.

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