FONDATIONS A METZ ET A BORDEAUX
équivalemment d'être trop bonnes catholiques et trop bonnes Françaises.
A Bordeaux, une réunion du môme genre était depuis longtemps demandée par la communauté de Mraes Vincent. Dans leur empressement, celles-ci avaient cru avancer les affaires en s'attribant les règles, le costume et même le nom de la Société. C'était une usurpation contre laquelle on conseillait à Mmo Barat de faire agir l'autorité de M8* Frayssinous. La mère générale en jugea avec plus de calme et d'élévation. « Quant à moi, écrivait-elle à la mère Emilie, sans le scandale qui eût pu résulter de ces deux autels élevés l'un contre l'autre, je les aurais laissées libres sans m'en inquiéter. Je pense là- dessus comme votre mère Geoffroy : Dieu est le père de tous. J'aime à le voir aimé et glorifié par tous ceux qui le veulent. On croit et on répète que nous devons soutenir nos droits. Hélas! c'est ainsi qu'on se trompe : que d'abus se glissent dans l'Eglise sous ce prétexte! Mieux vaut se réunir! Priez et faites prier pour cette importante affaire '. »
Elle-même partit pour Bordeaux, afin de s'entendre avecMmes Vincent. En passant par Orléans, elle eut la joie de revoir M** de Beauregard, évêque de cette ville. « Quel véritable ami! comme il nous est attaché! c'est sur sa table que je vous écris. Qu'il est donc bon et simple! Mais son âge s'avance. C'est ainsi que, hélas! dans quelques années, nous aurons bien des pertes à déplorer. Heureusement que ces bons vieillards sont des saints, et que nousmêmes voulons l'être. Nous avons donc l'espérance de nous voir réunis un jour2. »
A Poitiers, la mère générale ressentit une vive joie en
1 Paris, 18 avril 1825. — î A M™e e. de Gramont. Orléans, 15mai