‹ Histoire de la vénérable mère Madeleine-Sophie BaratChapitre 199 sur 236 · LE BREF D'APPROBATION · texte numérisé non relu

LE BREF D'APPROBATION

à la mère Barat'. Celle-ci lui ordonna d'aller en prendre possession et de s'y établir comme supérieure. L'humble Mmo Ducbesne n'eût voulu, au contraire, que les derniers emplois; mais la mère générale l'animait au sacrifice; et quelles généreuses raisons elle lui en donnait! par quelles fortes images elle les exprimait! i Vous savez, ma chère tille, que, parmi nous, les premières doivent être victimes. Il faut qu'elfes soient broyées dans les fondements, et qu'elles soutiennent ainsi celles qui viennent après... Puis serions-nous meilleures dans une autre position? Nous souffririons moins peut-être, et, sous ce rapport du moins, la supériorité est un avantage ». »

Cependant le Bref du Pape, signé le 22 décembre 1826, était arrivé en France seulement en février 1827. Approuvant et sanctionnant le Décret porté par la Congrégation des évêques et réguliers, le Saint-Père disait: « Voulant témoigner notre bienveillance aux religieuses de la Société du sacré Cœur de Jésus, nous ordonnons que les présentes lettres soient et demeurent toujours stables, valides et efficaces... Qu'elles soient à l'avenir inviolablement observées par tous ceux à qui il appartient et appartiendra, et que tout juge prononce en conformité avec elles. Nous ôtons à chacun la faculté et le pouvoir de juger ou interpréter ces règles d'une autre manière, et déclarons nul et de nul effet tout ce qui pourrait être entrepris de contraire aux présentes par qui que ce soit.

« Donné à Rome, près Saint- Pierre, sous l'anneau du Pêcheur, le 22 décembre 1826, la quatrième année de notre pontificat. »

Ce Bref fut reçu par le Conseil avec un indicible élan de

1 Fleurissant, 1er m?rs 1827. — 2 Paris, 6 août 18-26.

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reconnaissance. C'était, comme disait M. l'abbé Perreau à Mme Barat, « le divin Epoux qui s'exprimait par la bouche de saint Pierre *. » La supérieure ordonna des prières d'actions de grâces, et voulut que le nom du Souverain Pontife fût entouré de toutes sortes de bénédictions.

Le Conseil général , avant de se séparer, examina s'il fallait soumettre la Société à l'autorisation officielle *de l'Etat. Recevoir son approbation, c'était s'assujettir à sa protection et subir les restrictions que la récente loi de 1825 imposait aux religieux dans le droit de posséder, d'aliéner, de s'étendre, et même d'enseigner. « Le Père Varin est pour, disait la mère Barat, M. Perreau est contre. L'auteur même de la loi, M&r Frayssinous, n'a jamais pu prendre sur lui de me conseiller en ce point. Toujours même réponse : Priez et décidez -vous, je ne dis rien. » Mme Barat consulta Tiome : le Père Rozaven l'assura que le Pape ne voyait à cette démarche aucun inconvénient. « Dès lors, répondit la supérieure générale, le Conseil décidera. Mon avis personnel est pour, et ce serait déjà fait, si je n'avais eu à lutter contre trop d'obstacles 2. »

Ce fut finalement aussi la conclusion du Conseil. L'approbation fut donc demandée à Charles X et accordée sans retard. Une ordonnance royale du 22 avril 1827 reconnut et sanctionna l'existence légale de la Société.

Les 6 et 7 avril, les élections des assistantes, conseillères, économe, secrétaire générale, ayant été faites, le quatrième Conseil déclara ses séances closes ». Il avait con-

1 Paris, 3 janvier 1827. —Journal, p. 67.

2 Voir Lettres à 3ime Bigeu, et lettres du Père Rozaven. — Archives du Sacré-Canir.

3 Nous voyons aussi que l'on se préoccupa dans ce Conseil de réunir les documents pour l'histoire de la Société. Plusieurs mères ,

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