‹ Histoire de la vénérable mère Madeleine-Sophie BaratChapitre 62 sur 236 · LA VRAIE GRANDEUR DES SAINTS · texte numérisé non relu

LA VRAIE GRANDEUR DES SAINTS

premiers traits de la physionomie qui distingue les saints. D'abord ils n'appellent pas, ne provoquent pas leur mission : ils la redoutent. Leur premier sentiment est celui de Tépouvante, écrasés qu'ils sont par la disproportion de l'œuvre et de leurs forces. Dans cette disposition, on ne les voit pas se hausser et s'exalter eux-mêmes, comme les faux grands hommes qui cherchent à se surfaire. Leur élévation les laisse à leur modestie, à leur simplicité, à leur ingénuité , à toutes ces choses aimables qui nous attirent à eux, et par où nous pouvons les approcher encore. Ils sont divinement grands, parce que la vertu du Très- Haut les recouvre de son ombre; ils restent humainement petits, parce qu'ils sentent que cette force est en eux, mais sans eux. Ce n'est pas de leur suffisance, c'est de leur confiance seule que leur viennent ces dons, et s'ils peuvent tout en Celui qui les fortifie, c'est uniquement par sa grâce qu'ils sont ce qu'ils sont. Ainsi se fait cette harmonie de toutes les élévations et de tous les abaissements, dont Marie est le type, dont le Magnificat est l'hymne, et dont l'âme des saints est la reproduction immortelle.

Nous avons vu jusqu'ici la première de ces choses dans Mme Barat: l'humilité selon Dieu. Nous verrons maintenant la seconde, qui en est la conséquence : la participation à la toute -puissance de Dieu. « Le Seigneur, regardant la bassesse de sa servante, va faire en elle de grandes choses. » L'œuvre va se dilater, le cénacle va s'ouvrir, pour envoyer ses colonies sur divers points de la France. La nouvelle période dans laquelle nous entrons est celle des premières fondations du Sacré-Cœur.

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