‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 2)Chapitre 11 sur 258 · TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE IV

c'étaient elles seules, avec le concours de M"° de la Peltrie et M'° Charlotte Barré, qui s’occupaient de l'entretien de la maison, de l'instruction des enfants et des soins matériels de leurs élèves sauvages.

Tel était l’état de la petite communauté au commencement de l'année 1641. Malgré le petit nombre des religieuses qui la composaient encore, mais à cause du nombre assez considérable d'enfants qui venaient se grouper autour d'elles, la petite résidence de la basse ville fut bientôt reconnue tout à fait insuffisante, C'était, nous l’avons dit plus haut, une toute petite maison à laquelle on avait ajouté une légère construction en bois qui servait de chapelle. Il fallait donc de toute nécessité procurer à ces saintes religieuses et à leurs élèves un abri plus vaste, plus solide, plus sûr, et qui répondit mieux aux exigences de la mission.

Au printemps de 1641, M"° de la Peltrie put enfin poser la première pierre du monastère, dans la partie haute de la ville!.

La seule pensée de bâtir un monastère aux vastes proportions, avec les faibles ressources matérielles dont on pouvait disposer alors, suppose chez celles qui la conçurent et l’exécutèrent une confiance sans bornes en la divine Providence. Il est vrai que la vénérable Mère Marie de l’Incarnation avait pour

1 Ce terrain, sur lequel fut bâti le premier monastère de Québec, est celui que les Ursulines occupent encore aujourd’hui; il avait été concédé par les Cent-Associés, en 1637, pour une institution enseignante. (Les Ursulines de Québec.)

garantie du succès de son œuvre ces paroles de son | n divin Époux, qu’elle ne pouvait oublier: « Allez au u Canada, y bâtir une maison à Jésus et à Marie. » | d Cet ordre divin la pressait sans cesse. « Il me | at semble, disait-elle, que la voix de Dieu me poursuit | m et qu’elle me dit : Dieu veut que tu lui fasses une “à maison. Cette voix est capable de me faire franchir | le: tout obstacle et de me faire oublier moi-même et ba mon propre repos !. » de

On se mit donc à l’œuvre avec ce zèle et cette |

ardeur que la charité de Dieu et l’obéissance sont seules capables d’inspirer. Mais, au moment où l'on commençait à bâtir le monastère, on crut que le temps était venu d'opérer une petite réforme dans le personnel destiné à l’habiter un jour. On sait que, parmi les cinq Ursulines venues de France à Québec, les deux premières, la Mère de l’Incarnation et la Mère Marie de Saint-Joseph, appartenaient à la congrégation de Bordeaux; les trois autres à celle de Paris. Outre certaines diversités dans le costume et certaines divergences d'usages, il y avait encore entre elles cette différence essentielle que les unes, celles de Paris, faisaient le vœu de se consacrer à l'instruction des jeunes filles, tandis que les autres ne le faisaient

pas.

Grâce sans doute à ses sages conseils, à la soli- cong dité de ses raisonnements et surtout à l’entraîne- batio ment de sa haute piété, la Mère Marie de l’Incar- vif sd

* Les Ursulines de Québec, t. Ier, p, 59, 60.

= Poe: 2 REA

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