TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE XI
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voir si elles étaient en état de résister. Elles furent visitées en effet plusieurs fois par monsieur le gou-
t \ verneur et par des experts, et ensuite on posa des L- corps de garde aux deux extrémités de notre maison. t La faction s’y faisait régulièrement. L'on fit quantité ‘2 de redoutes, dont la plus forte était proche de notre Ju écurie, pour défendre la grange d’un côté et l’église \S- : de l’autre.
ait « Toutes nos fenêtres étaient garnies de poutreaux . à et murailles à moitié avec des meurtrières, L'on de avait fait des défenses sur nos perrons. Il y avait ous des ponts de communication d’un appartement à un Ce autre, et même de notre maison à celle de nos ans domestiques. Nous ne pouvions même sortir de notre vint cour que par une petite porte à moulinet, où il ne cées pouvait passer qu’une seule personne à la fois. En qu'il
un mot, notre monastère était converti en un fort gardé par vingt-quatre hommes bien résolus. Quand on nous fit commandement de sortir, les corps de garde étaient déjà posés. J’eus la permission de ne point sortir, afin de ne pas laisser notre monastère
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da à à l’abandon de tant d'hommes de guerre, à qui il û me fallait fournir les munitions nécessaires, tant nous pour la bouche que pour la garde. Trois autres reliun°® gieuses demeurèrent avec moi; mais il faut que je fallut vous avoue que je fus sensiblement touchée en saint N voyant qu'on nous ôtait le saint Sacrement, et qu’on nous laissait sans lui. Une de nos sœurs, nommée arrêté de Sainte-Ursule!, en pleurait amèrement et demeura pour 1 Catherine Lezeau de Sainte-Ursule, sœur converse.
inconsolable. J’acquiesçai néanmoins à la privation la plus sensible qui me pouvait arriver.
« Notre communauté et celle des Hospitalières étant sorties, furent conduites chez les révérends Pères Jésuites, où le Père supérieur leur donna des appartements séparés de leur grand corps de logis, savoir, à la nôtre le logis de la Congrégation, et aux Hospitalières un autre qui est assez proche, Tout cela est comme un fort fermé de bonnes murailles, où l’on était en assurance. Les sauvages chrétiens étaient enfermés dans leurs cabanes, dans la cour, et à couvert de leur ennemis.
« Quand les habitants nous virent quitter une maison aussi forte que la nôtre, car celle de l'hôpital est mal située à l'égard des Iroquois, ils furent si épouvantés qu'ils crurent que tout était perdu. Ils abandonnèrent leurs maisons et se retirèrent, les uns dans le fort, les autres chez les révérends Pères, les autres chez monseigneur notre évêque, et les autres chez nous, où nous avions six ou sept familles logées, tant chez nos domestiques que dans nos parloirs et offices extérieurs. Le reste se barricada de tous côtés dans la basse ville, où l’on posa plusieurs corps de garde.
« Le lendemain, qui fut le jeudi de la Pentecôte, le révérend Père supérieur ramena notre communauté au monastère; c'était le jour où nous devions élire une supérieure, si le trouble ne nous eût obligées de le différer. L'on en usa de même huit jours de suite : le soir on emmenait les religieuses, et le matin, sur les six heures, on les ramenait. Mais