‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 2)Chapitre 105 sur 258 · TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE XI

épouvantables, accompagnés de décharges de coups de fusils, interrompirent cette imposante cérémouie; et l’on vit apparaître une flottille de canots sauvages, portant deux cents chasseurs iroquois, qui descendait la rivière. Les alliés n’eurent que le temps de leur répondre et de se retirer précipitamment dans l'intérieur du fort, pour se préparer à la défense.

« Un des chefs iroquois mit pied à tezre, et déposant ses armes sur le rivage, il s’avança jusqu’à la portée de la voix, et demanda à quelle nation appartenaient les guerriers qui défendaient le fort. « Ce « sont des Français, des Hurons et des Algonquins, « leur répondit-on ; si notre frère l’Iroquois veut « entendre des paroles de paix, qu'il aille camper « avec ses guerriers de l’autre côté de la rivière. » Les alliés espéraient par ce stratagème gagner assez de temps pour compléter leurs travaux de fortification. Mais les Iroquois ne se laissèrent pas prendre à ce piège et commencèrent immédiatement à dresser une palissade en face du camp. La lutte allait donc devenir inévitable. Les alliés profitèrent des quelques heures de répit qui leur restaient pour se fortifier de leur mieux, coupant des pieux, consolidant les endroits les plus faibles, entrelaçant les palissades de branches d'arbres et remplissant les intervalles de terre et de pierres, tout en ayant le soin de ménager des meurtrières de distance en distance. Les ouvrages n'étaient pas encore terminés que les ennemis montèrent à l'assaut en poussant, selon leur habitude, leur terrible cri de guerre. Les assiégés se défendirent avec

une bravoure sans égale. A chaque meurtrière étaient postés trois tireurs qui décimaient les rangs des Iroquois en dirigeant sur eux un feu continuel. Tout étonnés de rencontrer une aussi vigoureuse résistance, ils commencèrent à plier; mais, confus de se voir repoussés par une poignée d'hommes, ils s'élancèrent de nouveau à l'attaque. D’autres décharges aussi bien dirigées que les premières les accueillirent. Un grand nombre furent tués, un plus grand nombre blessés, et le reste, saisi de frayeur, prit la fuite en désordre, sans que les assiégés eussent à déplorer la perte d’un seul homme. Quelques-uns des alliés sautèrent alors par-dessus les remparts, | allèrent couper la tête d’un chef iroquois qui avait i été tué durant le combat, et l’érigèrent en trophée € sur la palissade au bout d’un pieu. s

« Cette première victoire enflamma l'enthousiasme des vainqueurs ; ils se jetèrent à genoux pour remercier le Ciel, et reprirent avec une nouvelle ardeur leurs travaux de défense, décidés plus que jamais à combattre jusqu’au dernier soupir. Les ennemis, revenus de leur première frayeur, tinrent conseil et députèrent quelques-uns d’entre eux pour aller demander du secours à la grande armée iroquoise, alors cachée en embuscade dans les îles du Richelieu, et attendant le moment favorable pour envahir la colonie.

« Cependant le fort fut investi de tous les côtés, et, durant sept jours et sept nuits, les alliés soutinrent le feu continuel que les Iroquois ne cessèrent

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