‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 2)Chapitre 107 sur 258 · TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE XI

même temps de hurlements sauvages et C'innombrables décharges de coups de fusils, qui, multipliés par les échos, produisirent mille bruits et des roulements de tonnerre capables de glacer d’épouvante | les cœurs les plus intrépides, Chaque arbre semblait

, avoir soudain donné naissance à un ennemi. Les À Iroquois saluèrent par de longues salves l'urrivée de 4 plus de cinq cents de leurs guerriers. Tous les t assiégés se jetèrent à genoux pour recommander leur it âme à Dieu, et se préparer à la lutte suprême. Alors À le grand chef huron Anahotaha adressa à tous les er Saints cette prière que nous empruntons avec toute nt sa naïveté au récit de la Mère de l'Incarnation :

« Vous “:avez, à bienheureux habitants du ciel, ce

« qui nous a conduits icy. Vous sçavez que c'est le

« désir de réprimer la fureur de l'Hiroquois, afin de

« l'empêcher d'enlever le reste de nos femmes et de

« nos enfans, de crainte qu’en les enlevant ils ne

« leur fassent perdre la foi et ensuite le paradis, les

« emmenant captifs en leur païs. Vous pouvez obte-

« nir notre délivrance du grand Maître de nos vies, « si vous l'en priez tout de bon. Faites maintenant ÿ «

tout ce que vous jugerez convenable; car pour vi nous, nous n'avons point d'esprit pour sçavoir ce qui nous est le plus expédient. Que si nous sommes au bout de notre vie, présentez à notre grand Maître la mort que nous allons souffrir en satisfaction des péchez que nous avons commis contre sa loy, et impétrez à nos pauvres femmes et à nos enfans la grâce de mourir bons chrétiens,

« afin qu’ils nous viennent trouver dans le ciel. »

« Telle avait été la vigueur de la défense, que les Iroquois, malgré leur spériorité numérique, n’osèrent monter à l'assaut. Ils investirent de nouveau la place, et firent pleuvoir une gréle de projectiles contre les meurtrières. Les assiégés n'avaient plus un instant de repos, et ils étaient tourmentés par une soif toujours de plus en plus ardente. Les sauvages surtout devinrent si exténués, qu'ils commencèrent à perdre courage, et songèrent à se rendre.

« Ils chargèrent de présents un prisonnier iroquois, et le firent accompagner dans le camp des ennemis par deux de leurs chefs. Ceux-ci furent accueillis par de grandes acclamations, et en même temps quelques Hurons apostats, réfugiés parmi les Iroquois, s’avancèrent vers la palissade pour engager leurs compatriotes à se rendre, leur représentant que c'était le seul moyen d'échapper à la mort. Malheureusement plusieurs Hurons se laissèrent gagner par ces perfides promesses, et malgré toutes les représentations des Français et les sanglants reproches d'Anahotaha, vingt-quatre d’entre eux s’élancèrent par-dessus la palissade. Les cris de triomphe redoublèrent, et les Iroquois, instruits désormais de la faiblesse de la garnison, qui ne comptait plus que quatorze Hurons, quatre Algonquins et les dix-sept Français, crurent en faire une proie facile. Ils s’avancèrent hardiment pour les faire prisonniers ; mais les assiégés firent

feu sur les plus avancés, et en étendirent ur grand

nombre morts sur la place ; le reste prit la fuite,

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