TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE IV
nation était parvenue à former un tout régulier et uniforme de cette petite association de religieuses d'origine et de formatien diverses. Mais elle crut, sur les avis du R. P. Vimont, supérieur de la communauté, qu'il était bon et opportun de rédiger un acte authentique d'engagement réciproque de toutes les religieuses présentes, qui servirait plus tard de base aux futures constitutions de la communauté de Québec.
Par cet acte de fusion et d'accord, si important pour le nouveau monastère, et qui porte la date du 8 septembre 1641, il était convenu, entre autres choses, que les religieuses qui venaient de Tours (congrégation de Bordeaux) feraient le quatrième vœu, celui d’instruire la jeunesse, selon la règle des Ursuknes de Paris, et que les religieuses de Paris prendraient à Québec l’habit religieux tel qu'on le portait à Tours,
Conformément à cet engagement, la vénérable Mère Marie de l’'Incarnation et la Mère de Saint- Joseph firent le quatrième vœu en présence du R. P. Vimont, et dès le lendemain matin les religieuses de Paris revêtirent les habits de la congrégation de Bordeaux. La Mère de l’Incarnation s'empressa de faire connaître cet arrangement aux diverses maisons de France, appartenant aux deux congrégations intéressées, pour solliciter leur approbation. Non seulement elles la donnèrent avec un vif sentiment de satisfaction, mais elles songèrent
1 Les Ursulines de Québec, t. Ier, ch. 1, p. 60 et suiv.
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même à réaliser entre elles une union générale
semblable à celle-là. c
On adressa à ce sujet de nombreuses lettres à notre ss vénérée Mère, qui fut ravie d'un si beau projet. Un nc de ses plus vifs désirs eût été de le voir se réaliser, re Elle écrivit même dans ce but à bien des personnes Pa capables d’en favoriser l'exécution, afin de leur en ra] représenter les grands avantages. Elle estimait avec | fer juste raison que cette union générale serait plus con- “ forme à la grande compagnie de sainte Ursule, que | qu’ l'institut de sainte Angèle avait pour but de repro- cha duire et d’imiter. Elle était persuadée que cet insti- que tut y trouverait une grande force, non seulement par des la communication plus ample des mérites et des que suffrages qui s’établirait ainsi entre ses membres, cha mais encore et surtout par la haute approbation du tuer
saint-siège, qui, en consacrant à jamais ses usages,
pratiques et règlements, le préserverait à l'avenir de
ces changements et modifications qui ne sont jamais à l’avantage de la ferveur et du bien général des communautés religieuses.
Elle fit si bien, et la chose alla si loin, que les prélats de France, sans lesquels alors rien ne pouvait se faire, mais qui pouvaient tout exécuter, devaient en parler entre eux à l’assemblée générale du clergé, en l’année 1645. Nous n'avons pu savoir d’ s'ils donnèrent suite à ce projet; mais, dans tous les cas, l'union générale des diverses congrégations qu d'Ursulines ne fut point réalisée et ne l'a jamais été depuis.