TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE XI
« leur ennemi: ayons confiance en lui; ne cessons « point de l'invoquer, il nous donnera sans doute « du courage pour supporter nos peines. Nous aban- « donnerait-il au temps où il voit que nous lui « sommes devenus plus semblables, lui qui ne refuse « jamais son assistance aux plus contraires à sa « doctrine, quand ils ont recours à lui avec con- « fiance? » Cette courte exhortation eut un tel pouvoir sur l'esprit de ces pauvres patients, qu'ils promirent tous de prier jusqu'au dernier soupir. »
Pendant que ces douloureux mais glorieux événements se passaient au Saut-des-Chaudières, la colonie tout entière était dans la consternation, car on s'attendait à tout instant à voir arriver les nouvelles hordes sauvages depuis longtemps annoncées. Durant tout l’été de cette année 1660, on continua à faire partout des travaux de défense, Le gouverneur de Québec, M. d'Argenson, se multipliait pour parer à toutes les éventualités; mais les soldats lui manquaient pour prendre l'offensive contre ces sauvages, comme il l'eût désiré; car il était convaincu, ainsi que tous les hommes d'expérience qui vivaient depuis longtemps au Canada, que cette tactique était la seule qui pût assurer la sauvegarde du pays. My" de Laval, qui venait d'arriver depuis peu à Québec, paraissait être d’un avis contraire. Il espérait pouvoir parvenir à gagner ces féroces indigènes comme on avait gagné les autres, par la persuasion et la douceur. Muis il dut revenir bientôt de: cette généreuse illusion, et reconnaître qu'il n’y avait
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