TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE 1V
Notre vénérable Mère fut fortement attristée de ce retard, tant cette union lui tenait à cœur. Pendant sa dernière maladie et peu de jours avant sa mort, nous l’entendrons recommander spécialement à une religieuse de faire savoir aux Ursulines de France, « qu’elle voyait tant de bien dans cette union générale, qu’elle mourait dans cette espérance qu'elle se ferait un jour. » — « A la vérité, ajouta-t-elle, il y a des difficultés; mais elles ne sont pas si grandes qu'elles ne puissent facilement être surmontées, si chacune des maisons de l'Ordre veut bien relâcher quelque chose de ses propres intérêts. Dans chacune des congrégations il y a quelque chose de bon et quelque chose de défectueux. En empruntant à chacune ce qu’elle a de bon, on pourrait en constituer une qui serait de tous points accomplie. Il est vrai que l’idée de ce grand dessein fait entrevoir pour l’Institut une suite de biens très considérables ; mais enfin, s’il est de Dieu, c'est à lui d’en faire naître les moyens ; et pour moi j'estime qu'il ne se peut exécuter que dans une assemblée générale des prélats du royaume, avec l’agrément des communautés !. »
Ce vœu si cher à la vénérable Mère Marie de l'Incarnation se réalisera-t-il un jour? C'est le secret de Dieu ; mais il ne sera pas sans doute inutile d’avoir rappelé les sentiments de l'illustre fondatrice du monastère de Québec à cet égard. Nous savons qu'elle y attachait une telle importance, que, malgré
1 Claude Martin, IIIe liv., ch. nr, addition. «