‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 2)Chapitre 123 sur 258 · TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE XIII

pieux desseins. Malheureusement ce nouvel essai ne réussit pas mieux que le premier, Entrée au couvent en 1663, elle fut obligée d’en sortir quelques mois après.

Pour la remplacer dans la famille religieuse de Sainte-Ursule, Dieu jeta les yeux sur une toute jeune enfant qui était entrée un an auparavant au pensionnat des Ursulines. C'était la fille d'un des principaux personnages de la colonie, appelé Jean Poisson, seigneur de Gentilly. On raconte qu’en quittant les terres de Gentilly, cette enfant de bénédiction fit à ces beaux lieux des adieux touchants, assurant à ses amis qu'on ne reverrait plus « ce petit oiseau » dans leurs bocages. La suite prouva que ces paroles n'étaient pas de l'enfantillage; car quelque instance que fit sa mère pour la retenir au moins un certain temps dans la famille, elle entra au noviciat n'ayant pas encore quinze ans. Elle prit l’habit sous le nom de sœur Saint-Jean l'Évangéliste, et fit ses vœux le 1°" août 1668, entre les mains de M. de Bernières, grand vicaire de Mg" de Laval et curé de Québec.

M. l'abbé de Bernières, dont il est ici question, était le neveu du vénéré M. de Bernières, dont on n’a pas oublié le dévouement et les services auprès de Mr: de la Peltrie et de la Mère Marie de l'Incarnation, au moment de leur départ de France. Ce saint homme venait de mourir dans le courant de l’année 1659, après avoir employé toute sa vie en bonnes œuvres, au service de Dieu et des pauvres. Son

neveu, l'abbé de Bernières, qui était tout jeune encore, était venu de France à Québec avec Mg' de Laval, et avait été ordonné prêtre par lui en 1660, puis nommé curé de la ville en octobre suivant. L'arrivée du premier évêque au Canada avait été l’heureux présage d’une nouvelle organisation non seulement religieuse, mais encore temporelle et civile, de la colonie. Le vieux rocher de Québec sembla tressaillir de joie en voyant, le 30 juin 1665, débarquer sur les rivages du nouveau monde M. de Tracy avec le titre de vice-roi de la Nouvelle-

France et lieutenant général du roi dans l’Amé- | rique septentrionale. Il était accompagné du cheva- F lier de Chaumont, son premier conseiller et son à secrétaire intime. | p Louis XIV, si heureux dans la nomination de ceux "a qu'il chargeait de soutenir sa gloire et ses intérêts, à ne pouvait mieux choisir son représentant, car tout tid en celui-ci commandait le respect, l’amour et la con- di fiance des populations soumises à son gouverne- re ment. « Ce haut et puissant seigneur avait déjà fait rentrer sous l’obéissance les habitants de Cayenne, ai qui s'étaient ligués avec les Hollandais contre le roi À c'e de France; il venait maintenant au Canada pour LE assurer la prospérité du pays, en portant le désastre ai dans les cantons iroquois!. » bo Ce gracieux représentant de Sa Majesté très chré- mé

tienne ne permit pas qu'on lui fit une réception dis-

1 Les Ursulines de Québec, liv. IT, ch. rr.

t été non le et uébec 1665, M. de avellel'Améchevaet son

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