QUATRIÈME PARTIE — CHAPITRE I
Elle a voulu nous montrer surtout, par un tel langage, qu'au lieu de nous arrêter et de nous attacher aux grâces que Dieu nous fait dans sa miséricorde, nous devons remonter sans cesse à Celui qui nous les donne, et que c’est en lui seul, en sa gloire, son bon plaisir et son pur amour, que nous devons prendre notre repos et chercher notre satisfaction. Son directeur lui ayant écrit un jour d'un pays assez éloigné, où il avait été obligé de se rendre, que Dieu se plaisait à lui communiquer un don des larmes qui lui causait une consolation toute céleste, mais qu'il ne voulait point s'y arrêter de peur que l'amour-propre ne s’en nourrit et l’empêchât d'aller purement vers Dieu, elle lui répondit aussitôt : « Je crois, mon Père, que Notre-Seigneur veut vous conduire par la voie d’un grand dénuement intérieur, et je suis extrêmement consolée de la disposition où il vous met touchant les larmes ; car, bien que ce soit là un grand don de Dieu, la nature cependant peut s’y laisser prendre et s’y complaire en quelque façon. Or un esprit vraiment épuré de toutes choses, sans s'arrêter aux dons de Dieu, s'élance directement vers Dieu lui-même, et c’est en cela que consiste la parfaite pureté du cœur. Il me souvient qu'étant un jour fort unie à cette divine Majesté, et m'étant permis de lui offrir quelques âmes qui s'étaient recommandées à mes froides prières, j'entendis très distinctement cette parole intérieure : Apporte-moi des vaisseaux vides. Je compris en même temps que Dieu voulait désigner par là ces âmes vides de toutes
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