‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 2)Chapitre 144 sur 258 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

LA PAIX RECONQUISE De 1647 à 1650.

La paix et la joie intérieures rendues à l'occasion de la fête de l'Assomption de la très sainte Vierge. — Avantages que la Mère de l'Incarnation a tirés de ses peines. — Les maximes de la sainte Écriture. — Le vœu du plus parfait. — Observation de son fils. — Sublimité d'un tel vœu. — La Mère de l'Incarnation a été toute sa vie fidèle à le bien observer.

Pax Dei... exsuperat omnem sensum.

La paix de Dieu est au-dessus de tout autre sentiment. (Philip., IV, 7.)

À l’occasion de la fête de l’Assomption de la très sainte Vierge de l’année 1647, notre vénérée Mère eut la pensée de recourir à cette auguste protectrice pour obtenir la cessation de ses peines. Sa confiance en Marie ne fut point trompée.

« Je lui représentai, dit-elle, qu'elle connaissait bien ma faiblesse, et combien ces douleurs spirituelles étaient contraires à l’état de paix que la divine Majesté voulait établir dans le centre de

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mon âme. Je lui demandai enfin que sa très sainte volonté fût accomplie en moi, faible victime offerte à son amour, Je me trouvais en ce moment devant le très saint Sacrement, et je voyais clairement que c'était l'esprit de Dieu lui-même qui me faisait parler ainsi à cette divine Mère. Aussi, en cet instant même, je me sentis exaucée et comme déchargée d'un vêtement lourd, et je sentis en même temps comme une suave effusion de paix dans la partie sensible de mon âme. »

L'épouse de Jésus-Christ fut en même temps délivrée d'un sentiment d’aversion naturelle qu’elle avait éprouvé jusque-là à l'égard d’une personne dont elle a voulu nous taire le nom, et elle ressentit envers elle, jusque dans la partie sensible de son être, les effets d'une très ardente et très affective charité. Son âme fut comme submergée dans « un déluge de paix », selon ses propres expressions, et Dieu lui fit comprendre que non seulement elle n'avait rien perdu durant ces années d'épreuves et de tentations, mais « qu’elle avait fait, au contraire, un amas de trésors indicibles »; car « sa charité n’en avait point été diminuée, mais conservée comme un feu caché sous la cendre ». Précieuse et touchante leçon, bien faite pour apprendre aux âmes qui sont appelées à passer par les voies des ténèbres et des insensibilités spirituelles, quels précieux avantages elles peuvent y trouver !

1 Dom Claude Martin, IIIe partie, ch. xt.

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